• Casque ottoman © Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais_Emilie Cambier
    Casque ottoman © Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais_Emilie Cambier
  • Vitrine des Sentiers Métropolitains © Geoffroy Mathieu
    Vitrine des Sentiers Métropolitains © Geoffroy Mathieu
  • Cartes urbaines, projet des étudiants de l'Ecole nationale d’architecture de Marseille (ENSA-Marseille) © Mucem Francois Deladerriere
    Cartes urbaines, projet des étudiants de l'Ecole nationale d’architecture de Marseille (ENSA-Marseille) © Mucem Francois Deladerriere
  • Assiette tulipe armes doge Alvice Mocenigo © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) Martine Beck-Coppola
    Assiette tulipe armes doge Alvice Mocenigo © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) Martine Beck-Coppola
  • Triporteur du Caire 2016, collection Mucem © Denis Chevallier
    Triporteur du Caire 2016, collection Mucem © Denis Chevallier

Connectivités

Galerie de la Méditerranée 2
Mucem, J4— Rez-de-chaussée
| Du mercredi 29 novembre 2017 au jeudi 31 décembre 2020

  • Une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles.

Depuis novembre 2017, la deuxième section de La Galerie de la Méditerranée accueille l'exposition permanente « Connectivités » : une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles - Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont alors les points stratégiques de pouvoir et d’échanges dans une Méditerranée qui voit naître la modernité entre grands empires et globalisation.

Prenant pour socle de réflexion La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, l’exposition propose de suivre les pas de l’historien Fernand Braudel et d’aborder cette Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles non pas comme un objet d’étude aux bornes chronologiques strictes, mais comme un personnage dont il s’agirait de raconter l’histoire en l’inscrivant dans la longue durée, allant jusqu’à l’interroger dans la période contemporaine.

Invitant les visiteurs à un saut dans le temps, cette histoire urbaine est également abordée aujourd’hui, à travers l’évolution de territoires portuaires contemporains : les mégapoles d’Istanbul et du Caire et les métropoles de Marseille et de Casablanca. Il s’agit en effet d’aborder la ville en développement comme le lieu vers lequel convergent et s’intensifient les flux, les connections, les échanges, et donc, le pouvoir.

Afin de nourrir la richesse des sujets abordés, l’accrochage de l’exposition est régulièrement renouvelé.
À partir de novembre 2019, les évolutions les plus notables concernent la partie contemporaine de l’exposition.

Six nouvelles aquarelles d’Yvan Salomone 

Six nouvelles aquarelles d’Yvan Salomone (né en 1957) sont présentées à l’entrée. Une septième, représentant le toit-terrasse de la Cité radieuse, est présentée dans la section consacrée à Marseille.

Jungle fever - 2015
Petit quatre - 2016
Distraction - 2018
Bleu sur bleu - 2009
Vaticinatif - 2009
Credentials - 2018
Toit-terrasse
Collection de l’artiste

Depuis 1991, Yvan Salomone développe, les unes après les autres, de grandes aquarelles d’un format identique, selon un protocole de cinq séances de travail. Ses créations s’appuient sur des prises de vues photographiques recadrées, parfois recomposées, introduisant des éléments issus d’autres contextes et souvent soutenues de figures abstraites. Cette réflexion repose sur l’interprétation d’espaces réels où s’insinuent des dimensions fictionnelles. Parmi ses lieux de prédilection, les zones portuaires, urbaines, en transition et industrielles occupent une place de choix.

Yvan Salomone, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Yvan Salomone, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Deux photographies de Léo Fabrizio rendent hommage à l’architecte Fernand Pouillon. 

Deux photographies de Léo Fabrizio rendent hommage à l’architecte Fernand Pouillon. Elles inaugurent un nouveau cycle à découvrir en 2020.

Léo Fabrizio (né en 1976)
Fernand Pouillon et l’Algérie :
Diar-es-Sâada, Alger, 2018
Théâtre de la Corne d’Or, Tipasa, 2018

Architecte ostracisé, Fernand Pouillon n’en reste pas moins le maître d’oeuvre qui a le plus bâti au XXe siècle, et sans doute le plus grand architecte français d’après-guerre.
Attaché à bâtir une oeuvre sociale, digne et pour tous, il déploie une grande partie de son activité sur les deux rives de la Méditerranée et plus particulièrement en Algérie, avant et après l’indépendance.
C’est de cette oeuvre majeure et méconnue, peu représentée dans l’iconographie contemporaine, que le photographe Leo Fabrizio propose un répertoire conséquent.

Leo Fabrizio, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Leo Fabrizio, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Autres évolutions à signaler dans la partie contemporaine de « Connectivités »

—La section consacrée à Marseille présente un diaporama de 30 photographies issues du fonds « Inventaire, photographies d’une métropole » (en collaboration avec le Bureau des Guides), documentant les Mutations paysagères de l’Étang de Berre.

Mutations paysagères, 1980 - 2019
Inventaire, photographies d’une métropole
Étang de Berre, Littoral, Massifs
Production Mucem 2019

Ce qui fait l’originalité et la force de la Métropole Aix-Marseille, c’est l’omniprésence de la nature dans et autour d’une réalité urbaine. Et la présence de cette nature se laisse montrer par cette étendue d’eau si spécifique qu’est l’Étang de Berre, par 75 kilomètres de littoral de paysages industrialo-portuaires de Fos au Parc national des Calanques, par des massifs puissants comme la Sainte-Victoire, le massif de l’Étoile ou le Garlaban.
Pour témoigner de cette diversité et de ses mutations récentes, le Mucem propose de montrer, de novembre 2019 à octobre 2020, trois séries de photographies choisies dans le fonds « Inventaire, photographies d’une métropole ». Chaque série aborde un thème et ses évolutions : Étang de Berre (novembre 2019 - février 2020), Littoral (mars 2020 - juin 2020), Massifs (juillet 2020 - octobre 2020).

Série 1 (novembre 2019 - février 2020)
Étang de Berre
Vaste plan d’eau de 155 km2, situé entre la terre et la mer, entre Marseille et le Rhône, l’Étang de Berre rassemble sur ses rives des paysages diversifiés, reflets d’une histoire géologique complexe et d’une occupation humaine qui a profondément transformé – et souvent abîmé – le milieu naturel.
Industrialisée depuis le XIXe siècle, la région est densément peuplée en un réseau de villes de près de 300 000 habitants. Malgré les atteintes de l’industrie et de l’urbanisation, le paysage de l’Étang de Berre reste marqué par l’agropastoralisme (cabanons, bergeries, puits dans les collines). Depuis plusieurs décennies, un mouvement inverse s’est enclenché avec des mesures de protection et de régénération, parallèlement à la prise de conscience des richesses du milieu, à la fois du plan d’eau et des espaces riverains, dans une double dimension naturelle et historique.
Aujourd’hui la résilience de l’Étang de Berre n’est plus une utopie. Une nouvelle dimension s’ouvre pour ses rives au sein de l’espace métropolitain, mobilisant dix-sept communes riveraines ou proches de l’étang, notamment par l’adhésion collective au projet d’inscription de l’Étang de Berre au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

—Deux photographies de Brigitte Bauer, extraites du diaporama sur l’Etang de Berre, sont en outre présentées dans l’exposition.

Brigitte Bauer (née en 1959)
Sans titre de la série Le Territoire du bord 15, Port-de-Bouc 2016
Sans titre de la série Le Territoire du bord 15, Port-de-Bouc 2016

Brigitte Bauer a développé une première approche du paysage avec des séries de photographies sur la Montagne Sainte-Victoire et sur les ronds-points. Puis ses recherches s’orientent vers une observation du quotidien, que ce soit dans les espaces urbains, ruraux ou dédiés aux loisirs. La photographie est au centre de sa démarche et la vidéo apparaît dans ses projets récents. La série Le Territoire du bord (2016) est réalisée dans le cadre d’une résidence au Centre d’arts plastiques Fernand Léger de Port-de-Bouc. L’architecture et la qualité des espaces induits y sont traitées avec attention, à la croisée d’un intérêt désormais complémentaire pour la transformation du paysage et ses usages ordinaires.
 

Brigitte Bauer, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Brigitte Bauer, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière

 

Assises nationales des Sentiers Métropolitains : Jeudi 28 novembre 2019 au Mucem

Dans la section consacrée à Marseille, la vitrine des Sentiers Métropolitains fait apparaître une nouvelle ville, Boston. Ce work in progress suit chaque année l’apparition d’un nouveau chemin de randonnée périurbain tracé ou en cours, révélant le caractère international de cette pratique artistique des territoires.

Vitrine métropolitain trails, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Vitrine métropolitain trails, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Dispositifs audiovisuels : trois nouvelles oeuvres

L’espace de projection accueille la série de films Désastres et utopies, scénarios intemporels de Cao Fei. Basée à Pékin (Chine), Cao Fei fait partie des jeunes artistes chinois ayant émergé récemment sur la scène internationale. S’inspirant de sources populaires ou traditionnelles – cinéma, publicité, manga ou théâtre –, Cao Fei explore dans ses vidéos de fiction et ses installations multimédias les relations entre réel, utopie collective et aspirations personnelles.

Avec sa série Désastres et utopies, scénarios intemporels (novembre 2018 - février 2020), la ville-désastre, comme la ville-utopie, sont au coeur des trois oeuvres présentées.

Cao Fei
Haze and Fog
46’ - 2013
Dans ces lieux que l’artiste désigne comme des « métropoles magiques », la conscience collective des personnes émerge d’une vie quotidienne apparemment fastidieuse et banale. Un nouveau brouillard de modernité emprisonne les gens de la classe moyenne et la communauté de personnes qui gravite autour d'eux, tels les agents immobiliers, les prostituées, les livraisons, la sécurité et les baby-sitters. Ce qui à première vue peut sembler un regard critique sur la culture chinoise modernisée, est en réalité une interrogation sur notre compréhension du bien et du mal, du progrès ou de la tradition.

Cao Fei
Rumba II - Nomad
3’24 - 2015
La banlieue urbaine de Pékin est constituée de constructions en briques provenant de terres fragmentées. La dynamique complexe du système urbain a produit et estompé les frontières entre les villes et les banlieues. La taille, l'échelle et l'utilisation des terres de différentes zones sont en constante transformation, ce qui constitue le fondement du développement urbain de la Chine. Les robots nettoyeurs déployés dans cette zone périphérique urbaine en pleine mutation absorbent l’existant (l’histoire et ses résidus) pour les amener vers le contemporain, uniforme et systématique.

Cao Fei
Unmanned
6’- 2017
La lumière est une manifestation des pensées. Si nous entrons dans une nouvelle ère, où l'esprit contrôle les objets et où les pensées peuvent être transférées (opérations sans pilote, intelligence artificielle), comment ouvrir la porte de ce nouveau monde ?

Haze and Fog, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Haze and Fog, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière

Commissariat d'exposition : Myriame Morel-Deledalle avec la collaboration de Sylvia Amar-Gonzalez, Jean-Roch Bouiller et Emilie Girard, et assistés de Lise Lézennec, Clémence Levassor et Céline Porro
Graphisme : Anne-Katherine Renaud
Scénographie : bGcstudio—Iva Berthon Gajsak et Giovanna Comana, architectes
Conception lumière : Sara Castagné

Avec le soutien d’Interxion, de NGE et du Club de l'Immobilier.

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Entretien avec Myriame Morel-Deledalle, commissaire de l’exposition

 

Myriame Morel-Deledalle est historienne et archéologue de formation. Après avoir participé aux fouilles archéologiques du chantier de la Bourse (Marseille), elle a été conservateur-directeur du musée d’Histoire de Marseille qu’elle a dirigé depuis son ouverture en 1983 et conduit et développé jusqu’en 2007. Elle est aujourd’hui conservateur en chef du patrimoine au Mucem, où elle a assuré le commissariat des expositions « Splendeurs de Volubilis », « Migrations divines » et « Or ».

 

Mucem (M)

L’exposition « Connectivités » se déploie en deux parties, l’une historique, l’autre contemporaine… Quel est son propos général ?

Myriame Morel-Deledalle (M.D-D.)

Cette exposition traite de la question des villes et de leur connectivité en Méditerranée, sur deux périodes radicalement différentes.
La première partie s’inscrit dans une séquence historique et géographique bien identifiée dans le temps et dans l’espace : la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles, traitée à travers les connexions de six villes (trois pour l’Empire des Habsbourg, trois pour l’Empire ottoman) qui sont en lien, en opposition ou en situation de pouvoir les unes par rapport aux autres. Ici, le parcours d’exposition reprend l’espace géographique de la Méditerranée : on entre à l’Est par Istanbul, on circule vers Venise et Alger, avant d’aborder la partie occidentale de la Méditerranée, de Gênes à Séville, pour terminer avec Lisbonne, comme ouverture sur l’Atlantique.
Dans sa seconde partie, plus réduite, l’exposition présente des villes de la Méditerranée contemporaine : deux métropoles (Marseille et Casablanca) et deux mégapoles (Istanbul et Le Caire). Elles sont abordées à travers des maquettes, mais aussi des vidéos, des films et des photographies d’art contemporain ; alors que la première partie est développée avec des objets historiques issus de dépôts d’un certain nombre de musées français et européens, ainsi que des objets des collections du Mucem.

M

La première partie mène le visiteur successivement à Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne, aux XVIe et XVIIe siècles. Pourquoi avoir choisi ces villes-là durant cette période-là ?

M.D-D.

La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles constitue un véritable point de bascule historique et géographique : deux grands empires atteignant leur apogée s’y côtoient, celui des Habsbourg et celui des Ottomans ; en même temps que s’ouvrent de nouveaux horizons faisant de la Méditerranée une mer ouverte, inaugurant l’ère de la mondialisation. L’Empire des Habsbourg se développe à partir de l’Ouest (Amériques et Asie) et l’Empire ottoman se tourne davantage vers l’Est (Asie). Au cœur de ces empires immenses, certaines villes comme Istanbul, Séville, Venise ou Alger sont de véritables nœuds de pouvoir où se concentrent les échanges et les tensions entre les deux empires, et entre ceux des « nouveaux mondes ».
Ce cadre chronologique et historique se fonde sur la thèse de l’historien Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, socle de réflexion de cette exposition.

M

En quoi l’œuvre et la pensée de Fernand Braudel (1902-1985) sont-elles encore pertinentes aujourd’hui ?

M.D-D.

Fernand Braudel est un historien et géographe issu de l’École des Annales qui, dans les années 1930, avec Lucien Febvre et Marc Bloch, a initié une nouvelle manière d’appréhender l’histoire en privilégiant non pas l’histoire événementielle mais le contexte et la longue durée. C’est-à-dire la durée géographique, physique, historique, sur le long terme, des relations politiques et sociales au sein des sociétés. En effet, l’histoire n’est pas une succession d’événements, de dates et de coups de canons… C’est d’abord une affaire de contextes. Ce qu’on appelle aujourd’hui « histoire globale » ou « histoire-monde » est la suite logique de cette manière d’appréhender l’histoire.
Cette méthode, Fernand Braudel l’a illustrée dès 1949 avec sa thèse La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. C’est une œuvre de référence, certes incomplète – y compris au niveau des sources – mais dont la méthodologie jette les bases d’une réflexion nouvelle sur l’histoire. Une exposition est différente d’un ouvrage, mais en utilisant la méthode braudélienne, on voit bien qu’il est possible d’articuler le propos muséal autour des liens qu’entretiennent ces « espaces-mondes » que sont les villes et les empires aux XVIe et XVIIe siècles.

M

La seconde partie de l’exposition s’intéresse quant à elle aux villes méditerranéennes contemporaines, en distinguant mégapoles et métropoles…

M.D-D.

Selon l’ONU, 3,5 milliards de personnes à travers le monde vivent aujourd’hui dans une ville. Elles seront 5 milliards dans 15 ans et 7,5 milliards à l’horizon 2050. Il nous a ainsi paru intéressant d’interroger le phénomène urbain actuel, à travers un focus sur quatre villes méditerranéennes, présentant des modes d’évolution bien distincts. D’une part les métropoles, qui essaient de mettre en place des modes de gestion raisonnée des flux, des circulations, et du développement urbain et économique. C’est le cas de Marseille et Casablanca. D’autre part, les mégapoles qui résultent d’une extension du territoire sans limite, sans contrôle, sans intervention ou gestion politique. Nous avons identifié Le Caire et Istanbul comme les deux plus grandes mégapoles méditerranéennes. Soit 15 millions d’habitants pour ces deux villes, qui ont connu une croissance démographique exceptionnelle en seulement quelques années. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes…

Dans l’exposition, nous présentons donc quatre maquettes de Marseille, Casablanca, Istanbul et Le Caire, toutes à la même échelle et qui mettent en évidence quatre facteurs : la topographie, la tache urbaine, les circulations et les infrastructures. Chacune de ces villes fait aussi l’objet d’un focus particulier avec quelques nouvelles maquettes, comme pour la question de l’habitat informel au Caire ; mais aussi avec le travail d’artistes contemporains qui permettent aux visiteurs de se plonger dans la réalité physique de ces villes à travers des films, des vidéos et des photographies.

M

Dans la section traitant des métropoles, Casablanca est présentée comme un exemple de gestion urbaine… Qu’en est-il de Marseille ?

M.D-D.

Nous avons fait le choix de prendre une métropole du Sud pour illustrer la gestion raisonnée d’une métropole. Casablanca est une référence dans la pensée urbaine en termes d’organisation : l’expansion de la ville a été anticipée dès le début du XXe siècle. Celle-ci est certes liée à une histoire coloniale. Avant, pendant et après l’indépendance, différents architectes-urbanistes (Prost, Écochard, Candilis, etc.) ont travaillé sur l’aménagement de Casablanca avec une forme de continuité, poursuivie de nos jours par la municipalité. Cette ville présente aujourd’hui un schéma d’organisation intéressant car assez multiple et diversifié dans sa conception d’un développement urbain, avec, notamment, la question centrale de la ville durable.
À Marseille, il y a une volonté politique affirmée de la métropole. Nous présentons dans l’exposition le fruit d’une consultation menée en 2015 auprès de trois équipes d’urbanistes, architectes et philosophes, proposant chacun différentes pistes de développement pour ce territoire singulier. Certains misent sur la mise en valeur du patrimoine naturel, d’autres insistent sur les infrastructures… Ce sont des projets d’orientation à destination des élus ; des choix de développement possibles. En attendant de les voir aboutir – ou pas –, l’exposition s’intéresse aussi au sentier de grande randonnée GR2013, qui invite à la traversée de ce territoire à travers la figure originale du « marcheur métropolitain ».

 

 

 

Éditions

Catalogue d'exposition Connectivités, MucemConnectivités. Cités, villes, mégapoles en Méditerranée

Catalogue d'exposition Éditions du Mucem. Livre relié, bilingue anglais/français
« Connectivités » raconte, en suivant les pas de Fernand Braudel, une histoire des grandes cités portuaires en Méditerranée aux xvie et xviie siècles : Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont les points stratégiques d’un espace qui voit naître la modernité, entre grands empires et globalisation. Le concept de longue durée cher à l'historien amène à interroger les enjeux d'un développement territorial soutenable, à travers l'exemple des métropoles et mégapoles contemporaines, notamment Le Caire, Istanbul, Casablanca et Marseille, qui sont au cœur des connections et des flux.

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Hors-série

Hors série, connaisance des artsDécouvrez en accès libre durant un mois, le hors-série n°792 que notre partenaire, la revue Connaissance des arts, consacrait à l’exposition « Connectivités » à son ouverture, en novembre 2017.

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À voir

Dès l'entrée de l'exposition, sept témoins, critiques ou disciples de la pensée de Fernand Braudel, qui apportent dès l'entrée de l'exposition, des clés de décryptage des villes du XXe et XXIe siècle.


 



Parcours de l'exposition

1 : La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles

Carreau revetement © RMN Grand Palais (Sevres, Cite de la ceramique) Martine Beck Coppola
Carreau revetement © RMN Grand Palais (Sevres, Cite de la ceramique) Martine Beck Coppola
Vue de Venise (detail) musée Versailles et Trianon © Mucem Yves Inchierman
Vue de Venise (detail) musée Versailles et Trianon © Mucem Yves Inchierman

Escale 1 : Istanbul, capitale de l’Empire
Sous le règne de Soliman 1er, la capitale qui compte 500 000 habitants atteint le summum de sa puissance et de son épanouissement artistique et culturel.

Escale 2 : Venise, la Sérénissime
Porte d’entrée du commerce de l’empire ottoman en Méditerranée orientale, Venise occupe une position stratégique et joue un double jeu entre les deux empires.

Escale 3 : Alger, la course
Libérée de l’influence espagnole en 1529, Alger devient un poste avancé de l’Empire ottoman en Afrique du Nord. Bien placée sur la route maritime, elle se spécialise dans la guerre de course.

Escale 4 : Gênes, la banquière
Lors de la crise financière de 1550, les Génois s’imposent comme banquiers de l’Espagne. Richissime, la rivale de Venise s’embellit en construisant d’immenses palais.

Escale 5 : Séville, sur le Guadalquivir
Depuis Christophe Colomb en 1492, Séville est le port officiel des expéditions maritimes espagnoles. Les métaux précieux extraits des nouveaux territoires colonisés aux Amériques y sont expédiés avant d’être réacheminés vers l’Europe.

Escale 6 : Lisbonne, sur l’Atlantique
Le commerce des épices crée de nouvelles routes maritimes découvertes par les explorateurs portugais. La première circumnavigation du Portugais Magellan en 1522 permet le contournement de la Méditerranée et marque le début de son déclin.

2 : Les mégapoles et métropoles contemporaines méditerranéennes du XXIe siècle

Le territoire de la Métropole de Marseille, ENSA-M, La fabrique du territoire © ENSA-M L. Hodebert etudiants
Le territoire de la Métropole de Marseille, ENSA-M, La fabrique du territoire © ENSA-M L. Hodebert etudiants

Escale 1 : Mégapoles d’Istanbul et du Caire, l’urbanisme non contrôlé
Le Caire projette son développement à travers des villes nouvelles postées à sa périphérie tandis qu’Istanbul est la ville aux quatre grands projets de transformation urbaine, lancés par l’Etat.

Escale 2 : Métropoles d’Aix-Marseille-Provence et de Casablanca, la gestion raisonnée du territoire
Casablanca est une ville dont l’expansion a été anticipée au début du XXe siècle tandis que Marseille est une métropole polycentrique, où des îlots de nature sont étroitement imbriqués dans le tissu métropolitain.

Découvrir l’exposition en famille : l'île aux trésors

Parcours de l'exposition Connectivités en famille, Mucem © Agnès Mellon
Parcours de l'exposition Connectivités en famille, Mucem © Agnès Mellon


L’île aux trésors

Espace enfants pour les 3-12 ans
Un voyage à la découverte de la Méditerranée des grands empires et à la rencontre des rois et des sultans, des pirates, des doges et des marchands... : une aventure en plusieurs escales qui mène successivement à Istanbul, Venise, Alger, Gênes, Séville, Lisbonne et Marseille.

Le projet des espaces enfants bénéficie du soutien de la MGEN et de Babyzen.
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Activités et événements associés

  • © iStock Saluces Design

    À propos des connectivités contemporaines : géographie, économie et politique

    Mercredi 29 novembre 2017 à 09h30

    Les dialogues de l'urbain

    Les villes méditerranéennes chères à Fernand Braudel ont longtemps formé un réseau urbain favorisant des échanges le plus souvent maritimes. Aujourd'hui un réseau de villes s'est substitué aux vill…

  • Ile aux trésors © Mucem

    L’île aux trésors

    Dimanche 11 mars 2018 à 13h00

    Espace jeune public pour les 3-12 ans

    Espace jeune public autour de l’exposition « Connectivités » de la G…

  • © Bruit Du Frigo

    Assises nationales des Sentiers Métropolitains

    Jeudi 8 novembre 2018 à 14h30

    Visites guidées de la nouvelle vitrine « Sentiers Métropolitains » de l’exposition « Connectivit…

  • Scénographie Exposition Connectivités 2017 © Agnes Mellon, Mucem

    Visite de l’exposition Connectivités

    Dimanche 23 décembre 2018 à 14h30

    Galerie de la Méditerranée 2

    « Connectivités » raconte une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles : Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont alors les points stratégi…

  • Vue de Salamine vers le golfe d'Eleusis, Sentier métropolitain d'Athènes © Jordi Ballesta

    Sentiers métropolitains

    Jeudi 28 novembre 2019 à 17h30

    Conférence et visites

    Bordeaux, Milan, Marseille, Tunis, Avignon, Paris, Istanbul, Londres, Cologne, Boston, Athènes… En mettant en commun des initiatives apparues depuis les années 2000,…


Partenaires et mécènes

Avec le soutien d’Interxion, de NGE, du Club de l'Immobilier et de la compagnie de croisières Ponant.

 


Informations pratiques


Entrée des expositions gratuite du 29 juin au 21 juillet 2020