• Jacopo Bassano (d’après), Lazare et le mauvais riche, XVIIe siècle. Huile sur toile, d’après un tableau du XVIe siècle. Musée de Tessé, Le Mans © Musées du Mans
    Jacopo Bassano (d’après), Lazare et le mauvais riche, XVIIe siècle. Huile sur toile, d’après un tableau du XVIe siècle. Musée de Tessé, Le Mans © Musées du Mans

Le grand mezze

Galerie de la Méditerranée 1
Mucem, J4— Rez-de-chaussée
| Du mercredi 15 juillet 2020 au vendredi 14 juillet 2023

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On connaît le slogan « manger cinq fruits et légumes par jour » qui s’inspire de la « diète méditerranéenne » ou du « régime crétois ». Dans les années 1960, l’épidémiologiste américain Ancel Keys crée ce concept et l’UNESCO l’inscrit dès 2010 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, favorisant sa reconnaissance et sa mondialisation.

Comment définir et préserver une authenticité culinaire géographique et culturelle, tout en la partageant avec le plus grand nombre ? Comment protéger un régime alimentaire sans l’empêcher d’évoluer ? Comment rester perméable tout en restant authentique ? Telles sont les questions posées par cette exposition.

La « diète méditerranéenne » est aujourd’hui synonyme de deux tendances simultanées et antagonistes : d’une part sa mondialisation, d’autre part la nécessaire réappropriation en Méditerranée de sa production et de sa cuisine. L’exposition se propose donc de définir ce qui la caractérise, d’en comprendre les grandes composantes et de voir comment elle a évolué sur le temps long. Elle est organisée en deux parties, entre cohabitation et opposition.

 


Du champ à l’assiette : quelques fondements de l’alimentation en Méditerranée


Deux agricultures cohabitent tout en s’opposant. D’une part, une agriculture familiale et vivrière respectant l’environnement, mais peu rémunératrice. D’autre part, une agriculture intensive d’exportation qui doit satisfaire la demande mondiale en produits méditerranéens mais sans respect de la saisonnalité, des conditions écologiques, ni de l’exploitation humaine parfois proche de l’esclavage.
Les cuisines fonctionnent également en opposition. D’un côté la cuisine traditionnelle ou « maison », nécessitant patience et savoir-faire. D’autre part, l’industrie agro-alimentaire qui libère de la cuisine, réduit les temps de préparation mais provoque une uniformisation mondiale du goût.
La diététique joue également un rôle important dans ce régime méditerranéen depuis l’Antiquité, mais aussi, a contrario, les facteurs « culturels » tels le sucre ou l’alcool, lors de festivités, ou encore, les prescriptions alimentaires religieuses ou individuelles, du fait de l’intolérance alimentaire ou de consommations spécifiques.

 


Entre l’ici et l’ailleurs : construction mondialisée et réappropriation des territoires


En raison de sa géographie, la Méditerranée est depuis le Néolithique un creuset où les denrées alimentaires, les recettes… y transitent ou y demeurent. Peu à peu, cette circulation aboutit à une mondialisation alimentaire.
En contrepoint, l’exposition propose des initiatives liées à la réappropriation des agricultures, en prenant l’exemple de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

 

L’exposition présente une sélection de 550 objets et documents patrimoniaux en provenance de 35 musées, parmi lesquels le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac (Paris), la Cité de la céramique (Sèvres et Limoges), le Musée d’Orsay (Paris), la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, le Musée de Tessé (Le Mans), le Slovenski etnografski muzej (Ljubljana, Slovénie), le Museu Valencià d’Etnologia (Valencia, Espagne), le Musée national d’Archéologie (Beyrouth, Liban), le Museo e Bosco Real di Capodimonte (Naples, Italie), le Museu Marítimo (Ílhavo, Portugal). Des pièces ethnographiques ont été spécialement acquises par le Mucem pour l’exposition en provenance de Géorgie, du Liban, de Grèce, d’Italie, du Portugal. Le Mucem produit en outre 13 projets audiovisuels et 4 oeuvres inédites de Nicolas Boulard, Michel Blazy, Gerald de Viviès, Laurent Derobert, conçues spécialement pour ce parcours.


—Commissariat : Edouard de Laubrie, chargé de Collections et de Recherches, responsable du pôle « Agriculture & Alimentation » Mucem—assisté de Lucas Gomez.
—Avec le soutien d’un comité scientifique international
—Scénographie : Christine Ilex Beinemeier, architecture et scénographie
—Partenaire : Borges Tramier