• Vassily Kandinsky, Die Raben [Les Corbeaux], 1907. Linogravure. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian
    Vassily Kandinsky, Die Raben [Les Corbeaux], 1907. Linogravure. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian

Folklore


Mucem, J4— niveau 2
| Du mercredi 21 octobre 2020 au lundi 22 février 2021

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En apparence à l’opposé de l’idée d’avant-garde, l’univers du folklore infiltre pourtant des pans entiers de la modernité et de la création contemporaine. Loin des clichés d’un passéisme suranné, les artistes ont pu y trouver une source d’inspiration tout autant qu’un objet d’analyse critique. L’exposition « Folklore », conçue par le Centre Pompidou-Metz, en partenariat avec le Mucem, retrace les relations que les artistes ont pu entretenir avec cette notion. Elle se concentre sur une définition et une histoire européennes du terme. Grâce aux fonds du Mucem, héritier du musée national des Arts et Traditions populaires, elle dévoile en parallèle l’invention d’une discipline et permet des face à face inattendus.

S’ouvrant sur une quête des origines et d’un « exotisme de l’intérieur », l’exposition montre comment des territoires comme la Bretagne pour Paul Sérusier ou Paul Gauguin, la Vologda (Russie) et la Bavière pour Vassili Kandinsky ou Gabrielle Münter ou l’Olténie (Roumanie) pour Constantin Brancusi, servent de terreau à la modernité ou à l’abstraction. Elle aborde aussi les paradoxes d’un folklore se voulant authentique, fréquemment associé à des revendications identitaires et nationalistes. Vivier de formes, répertoire inépuisable de motifs, le folklore contribue au renouvellement du vocabulaire artistique, du simple emprunt formel à une dimension plus subversive et politique. Avec les musiques et les danses, les rites et les croyances, les superstitions, ou les créatures fantastiques, le folklore, fondamentalement lié à l’immatériel et à la tradition orale, prend une teneur plus conceptuelle que matérielle chez nombre d’artistes d’après-guerre comme Constant, Susan Hiller ou Joseph Beuys.

L’exposition dresse le portrait d’un « artiste en folkloriste », qui, influencé par la dimension anthropologique de l’art et une nouvelle muséographie du quotidien dans les années 1970, emprunte aux ethnologues, méthodes d’enquête et de collecte, puis de classement ou de reconstitution.

À l’ère d’une uniformisation mondialisée et de folklores créés pour l’industrie touristique, l’exposition explore également leur circulation et leur transformation vues par les artistes contemporains (Endri Dani, Jimmie Durham, Mélanie Manchot, Julius Koller, Pierre Huygue, Slavs and Tatars…) : revisités, voire réinventés, mobiles, et non plus ancrés à un territoire, les folklores continuent, à l’instar des populations, de se déplacer avec elles et d’être l’objet de critiques autant que de fascination.

Plus de 360 oeuvres et objets seront présentés dans l’exposition, dont 190 objets des collections du Mucem et 170 prêts d’art moderne et contemporain, une grande partie conservée au musée national d’Art moderne, Centre Pompidou.


—Commissariat : Jean-Marie Gallais, responsable du pôle programmation au Centre Pompidou-Metz
—Marie-Charlotte Calafat, adjointe du département des collections et des ressources documentaires, conservatrice du patrimoine, responsable du secteur histoire au Mucem
—Chargé de recherche et d’exposition : Arnaud Dejeammes, Centre Pompidou-Metz
—Scénographie : Pascal Rodriguez
—Partenaires : PwC France et Afrique francophone, Caisse d’Epargne CEPAC
—L’exposition a été conçue et organisée par le Centre Pompidou-Metz (du 21 mars au 21 septembre 2020) en partenariat avec le Mucem.