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  • Bloc 23 du mémorial néerlandais du patchwork des noms, 2008 Matières textiles, 380 x 380 cm. Mucem, 2018.76.1 © Mucem / Yves Inchierman
    Bloc 23 du mémorial néerlandais du patchwork des noms, 2008 Matières textiles, 380 x 380 cm. Mucem, 2018.76.1 © Mucem / Yves Inchierman

VIH/sida

L’épidémie n’est pas finie !
Mucem, J4— niveau 2
| Du mercredi 15 décembre 2021 au lundi 2 mai 2022

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L’exposition « VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie ! » retrace l’histoire sociale et politique du sida. La lutte contre l’épidémie a révélé des situations d’inégalité et de stigmatisation, suscitant de nombreuses revendications pour l’accès aux traitements, aux soins, le renforcement des droits, et la visibilité des personnes et des groupes touchés. En proposant un regard à la fois rétrospectif et contemporain, l’exposition se définit comme une contribution à la lutte contre le VIH/sida. Mettre le sida au musée, ce n’est pas l’enterrer ; au contraire, c’est réaffirmer toute son actualité, comme le montre le titre de l’exposition qui reprend un slogan historique d’Act Up : l’épidémie n’est pas finie !

En juillet 1981, est publié dans le New York Times le premier article de presse relatif au sida, évoquant des cas de cancer chez des hommes homosexuels. Il faut attendre 1983 pour écarter l’hypothèse d’une maladie uniquement homosexuelle (le « cancer gay »), mais on pointe du doigt les « 4H » : Homosexuels, Héroïnomanes, Hémophiles, Haïtiens. La victime est aussi l’accusée et sa stigmatisation passe par des propositions de mise en quarantaine, des moyens disproportionnés de protection, et la réprobation de catégories sociales touchées et jugées responsables. Dans le même temps, la désignation de ces « groupes à risques » va invisibiliser durablement d’autres situations d’exposition au virus, dont témoignent l’activisme des femmes et les initiatives en faveur de la prise en compte des enfants et adolescents. L’épidémie est un choc pour la société comme la maladie ou la séropositivité sont des chocs pour les personnes touchées. L’exposition reviendra sur l’impact de cet évènement dans les trajectoires individuelles autant que collectives.

La lutte contre le sida a pris place aux échelles à la fois locales et mondiales, et s’est attachée à de nombreux aspects de l’épidémie. Sur les plans scientifiques et médicaux, mais aussi dans la rue, pour revendiquer l’action et l’attention des pouvoirs publics et refuser la stigmatisation des malades et des communautés. La mise au point de traitements plus efficaces à partir de 1996 marque une rupture. On voit des personnes « renaître » grâce au renforcement de leur système immunitaire et à l’affaiblissement de la réplication virale dans l’organisme, malgré un traitement contraignant et aux nombreux effets secondaires. Mais l’accès aux médicaments est très inégal à l’échelle planétaire et l’ouverture des régimes de propriété intellectuelle devient une revendication majeure à la fin des années 1990.
Des années 1980 à nos jours, l’épidémie a suscité maintes hypothèses sur son origine et de nombreux discours sur les moyens de sa fin. L’exposition apportera un éclairage sur ces différents récits, nous permettant d’aborder avec recul les savoirs du passé et les compréhensions du présent.

L’exposition interroge finalement l’héritage de l’épidémie, ce qu’elle a révélé, les avancées qu’elle a rendu possibles, principalement en termes de droits, mais également les reculs et les stagnations. Elle propose un bilan des luttes, de leurs victoires comme des obstacles freinant encore les avancées qu’elles promeuvent. En évoquant les « leçons politiques » du sida, elle ouvre sur des questions dont l’actualité est majeure, qu’il s’agisse des réponses sociales aux épidémies et à la gestion des « crises sanitaires », ou de la manière dont d’autres affections chroniques ont bénéficié ou non de ce bouleversement des rapports de pouvoirs entre médecins et patients, dont les luttes contre le sida ont aussi fait l’une de leur revendications.

L’exposition « VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie !» offre l’occasion de valoriser l’exceptionnel fonds de collection du Mucem constitué au début des années 2000 sur le thème du VIH/sida. Grâce à une enquête, des banderoles, tracts, affiches, revues associatives, brochures et matériel de prévention, objets militants, vêtements, badges et rubans rouges, mais également des médicaments, photographies et œuvres d’art ont été collectés auprès de nombreuses associations de lutte contre le VIH/sida, permettant au Mucem de constituer une collection de référence à l’échelle européenne. De nombreuses photographies, des œuvres d’art importantes et des prêts de particuliers viendront dialoguer avec cette collection pour permettre aux visiteurs d’être plongés dans l’histoire sociale de la lutte contre l’épidémie.
 

Commissaires de l'exposition :
—Stéphane Abriol (anthropologue, CNRS-Cerlis, Université Paris-Descartes),
—Christophe Broqua (anthropologue, CNRS-IMAF),
—Renaud Chantraine (anthropologue EHESS),
—Caroline Chenu, chargée des collections (Mucem),
—Vincent Douris (responsable recherches opérationnelles, Sidaction),
—Françoise Loux (anthropologue, directrice de recherches au CNRS),
—Florent Molle, (conservateur du patrimoine, Mucem et Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne Métropole),
—Sandrine Musso (anthropologue, AMU, CNE-Ehess)
—Et un comité de suivi composé de plusieurs dizaines de personnes concernées à différents titres par l’épidémie (personnes vivant avec le VIH, associatifs, soignants, militants, chercheurs…).
—Avec la participation de Lorenzo Jacques (stagiaire)