• Huile sur toile 2014 © Leonard Qylafi
    Huile sur toile 2014 © Leonard Qylafi
  • Enkelejd Zonja, in your vein 2011 110x90cm Huile sur toile © Enkelejd Zonja
    Enkelejd Zonja, in your vein 2011 110x90cm Huile sur toile © Enkelejd Zonja
  • Endri Dani palimpsest 01 2010 Metal peinture © Endri Dani
    Endri Dani palimpsest 01 2010 Metal peinture © Endri Dani

Albanie

1207 km Est
Bâtiment Georges Henri Rivière (GHR)—Fort Saint-Jean (320 m²) | Du samedi 24 septembre 2016 au lundi 2 janvier 2017

1207 kilomètres séparent Marseille de Tirana, la capitale de l’Albanie, soit à peine le double du trajet Paris-Marseille ou, à quelques kilomètres près, la distance qui sépare la cité phocéenne de Berlin. L’ambition de ce projet est d’attirer l’attention sur un pays des Balkans géographiquement et culturellement proche de nous, dont l’histoire et l’identité appartiennent pleinement à la culture méditerranéenne mais qui demeure pourtant assez méconnu des Français. Il se trouve que l’histoire et l’identité albanaises sont aujourd’hui au cœur des préoccupations des artistes de ce pays, pour la plupart encore marqués par la chute du régime communiste, en 1991, et la mise en place d’une houleuse « période de transition ».

Leur donner la parole est une manière de nous interroger nous-mêmes sur ce que nous savons du passé et de l’actualité de l’Albanie, des questions de société qui la traversent et de sa géopolitique, au point de basculement entre l’Adriatique et la Méditerranée, entre les frontières du Monténégro, du Kosovo, de la Macédoine et de la Grèce.

Après les dialogues engagés ces dernières années avec des artistes venus du Maroc, de Grèce ou de Tunisie, le Mucem propose ici une discussion avec onze artistes albanais contemporains, tous engagés d’une manière ou d’une autre dans un questionnement sur l’identité de leur pays. Il ne s’agit évidemment pas de les enfermer dans cette quête identitaire. Toute œuvre porte en elle une aspiration à l’universel, même si elle prend ses racines dans un terreau particulier. Or, il semble que le terreau albanais soit particulièrement riche…

Après avoir subi une des pires dictatures de l’après-Seconde Guerre mondiale, les soubresauts du postcommunisme et les conséquences indirectes des guerres des Balkans, l’Albanie est depuis 2009 candidate à l’entrée dans l’Union européenne. Elle est par ailleurs l’un des rares pays au monde à avoir un Premier ministre artiste, féru d’art contemporain international, Edi Rama, depuis 2013. Maire de Tirana entre 2000 et 2011, il s’était déjà fait connaître pour avoir fait repeindre la ville en couleurs vives, matérialisant une utopie artistique souvent exprimée mais rarement mise en acte, basée sur l’hypothèse du pouvoir des artistes à changer la vie. Cette opération a marqué les esprits et retentit encore sur la scène artistique du pays, comme retentissent les questionnements autour d’une mémoire collective à reconstruire, d’un passé communiste à dépasser, d’un folklore à interroger avec précaution.

Cette exposition rassemble, autour de ces questions, des œuvres de jeunes artistes albanais, sélectionnés par un jury international, avec la participation des conservatrices du Centre Pompidou, Christine Macel et Alicia Knock, pour le Salon d’art contemporain de Tirana en 2015, et des œuvres d’artistes albanais présents dans les collections françaises, bien connus du public international. Les références à l’histoire, au folklore albanais, au réalisme socialiste ou aux événements marquants de la « période de transition » sont omniprésentes dans ces œuvres. C’est la raison pour laquelle le Mucem a choisi de les faire dialoguer avec un tableau réaliste socialiste prêté par la Galerie nationale de Tirana (une huile sur toile de Zef Soshi, Krijimi i kooperativës në Mal ësi [La Création de la coopérative dans les montagnes], 1974) et avec les collections historiques albanaises tirées des collections du Mucem (dépôt du Musée national d’histoire naturelle). Ces dernières ont été sélectionnées, interprétées et confrontées à d’autres objets par une artiste albanaise contemporaine, Edit Pulaj, par ailleurs bonne connaisseuse de l’art populaire albanais.

Plusieurs axes se croisent donc dans l’exposition : les liens entre art, pouvoir, image, imagerie, histoire, propagande… dans un pays encore très marqué par son passé récent, vingt-cinq ans après la chute de la dictature communiste ; les liens entre folklore et identité ; le pouvoir des artistes à changer la ville et la vie, notamment à travers l’opération urbanistico-artistique des années 2000 à Tirana.

Artistes présentés dans l’exposition
— Endri Dani est né en 1987 à Shkodra*
— Yllka Gjollesha est née en 1985 à Dibra*
— Ilir Kaso est né en 1982 à Përmet*
— Adrian Paci est né en 1969 à Shkodra
— Edit Pulaj est née en 1974 à Tirana
— Leonard Qylafi est né en 1980 à Korca*
— Anri Sala est né en 1974 à Tirana
— Ermela Teli est née en 1981 à Tirana*
— Driant Zeneli est né en 1983 à Shkodra*
— Fani Zguro est né en 1977 à Tirana*
— Enkelejd Zonja est né en 1979 à Fier*
* Artistes présents au Salon de Tirana 2015, organisé par le ministère de la Culture d’Albanie et l’ambassade de France à Tirana.
 
Cette exposition s’inscrit dans un agenda particulièrement dense entre la France et l’Albanie avec la signature très récente d’une déclaration d’intention pour le développement culturel et le lancement d’un temps fort albanais en France de septembre 2016 au printemps 2017, dont cet événement constitue un premier rendez-vous.
Le Mucem remercie Monsieur Bernard FITOUSSI, ambassadeur de France à Tirana, et Monsieur Dritan TOLA, ambassadeur d’Albanie en France.