Maryse Condé © Nicolas Serve / festival Oh les beaux jours !

Maryse Condé © Nicolas Serve / festival Oh les beaux jours !

Les beaux jours de Maryse Condé

Oh les beaux jours !

Rencontres-débats/Conférences

Grand entretien

Animé par Valérie Marin La Meslée (Le Point)
Lecture par Eva Doumbia
 
Originaire de Guadeloupe, Maryse Condé est l’auteure d’une œuvre considérable, traduite en plusieurs langues, étudiée dans le monde entier. On ne compte plus les récompenses qu’elle s’est vu décerner internationalement, jusqu’à celle, récente, qui couronne presque 50 ans d’écriture : le prix de la Nouvelle Académie de littérature (qui a remplacé en 2018 le Nobel de littérature). Le jury de ce prix a salué une œuvre décrivant « les ravages du colonialisme et le chaos post-colonial dans une langue à la fois précise et bouleversante ».
Journaliste, dramaturge, auteure pour la jeunesse, essayiste et romancière, elle a également été professeure émérite à l’université de Columbia, aux États-Unis, où elle a fondé le Centre d’études françaises et francophones.
 
L’œuvre de Maryse Condé embrasse trois continents, l’Amérique, l’Afrique et l’Europe, liés à son parcours et à ses engagements. Née en 1937 à Pointe-à-Pitre, d’un père banquier et d’une mère institutrice, la future romancière confesse avoir grandi dans un milieu protégé, loin des questions qui parcourent sa littérature, et n’avoir pris conscience de la couleur de sa peau qu’en arrivant en France, à l’âge de 16 ans. Sa lecture d’Aimé Césaire la conduit à remonter le fil de l’histoire de l’esclavage et cette quête identitaire la mène en Afrique de l’Ouest. De cette expérience, elle tirera Ségou, roman historique en deux volumes qui la fait entrer dans le paysage littéraire. Vont suivre de nombreux romans où elle met souvent en scène des femmes maltraitées par l’histoire, qui tentent de conquérir leur liberté (Moi, Tituba sorcière noire de Salem ; Victoire, les saveurs et les mots, où elle rend hommage à sa grand-mère ; Desirada…). Elle aborde aussi la question des classes sociales à travers la saga d’une grande famille caribéenne (La Vie scélérate, prix de l’Académie française en 1988), se raconte elle-même dans une très belle autobiographie (La Vie sans fards), met fin à ce qu’elle nomme « le mythe de la négritude » dans Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, son dernier roman inspiré de l’attentat terroriste d’Amedy Coulibaly en 2015.

Au Mucem, elle partagera la scène aves des complices artistiques qui feront entendre ses textes ; évoquera un projet avec de jeunes Comoriennes de Marseille autour de son roman pour la jeunesse Chiens fous dans la brousse ; reviendra sur la question de la représentation des Noirs, notamment dans les musées… Mais on ne vous dit pas tout, seulement que la présence de la grande Maryse Condé est exceptionnelle !


Coréalisation Mucem / Oh les beaux jours !
À lire : La Vie sans fards, JC Lattès, 2012 ; Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana, Paris, JC Lattès, 2017.
Tarifs

Entrée libre

Lieu Mucem, J4— Auditorium
Horaires

Dimanche 2 juin 2019 à 15h

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