• A comme Alea, dé de voyance, XXe siecle © Mnhn photo, Mucem
    A comme Alea, dé de voyance, XXe siecle © Mnhn photo, Mucem
  • L comme Loterie, affiche 1949 © Mucem
    L comme Loterie, affiche 1949 © Mucem
  • J comme Jeux de hasard, 1870 © Mucem
    J comme Jeux de hasard, 1870 © Mucem
  • Q comme Qu'adviendra t-il, Jeu divinatoire, XXe siecle © Mucem
    Q comme Qu'adviendra t-il, Jeu divinatoire, XXe siecle © Mucem
  • D comme Destin, ex voto, 1901 © Mucem
    D comme Destin, ex voto, 1901 © Mucem

Le Hasard de A à Z

Dés et destin
Mucem, fort Saint-Jean— Salle des collections
| Du vendredi 18 octobre 2019 au dimanche 23 février 2020

  • Un abécédaire aussi imprévisible qu’inattendu, composé à partir des collections du Mucem

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A comme « aléa », B comme « boule de cristal », C comme « chance », D comme « destin »… Les multiples manifestations du hasard se déploient en 26 lettres à travers l’exposition « Le Hasard de A à Z » : un abécédaire aussi imprévisible qu’inattendu, composé à partir des collections du Mucem.

Comment les civilisations d’Europe et de Méditerranée ont-elles, jusqu’à nos jours, appréhendé la notion de hasard ? Quels objets ont-elles imaginés pour s’assurer des bonnes grâces du destin ? Amulettes, dés, main de Fatma, fer à cheval, horoscope… Le Mucem a puisé dans ses réserves les plus étonnants témoignages de la façon dont les hommes ont, de la Renaissance à nos jours, tenté de prévoir et déjouer les jeux de la Fortune et du Hasard.

Entre chat noir et mauvais œil et entre bonne étoile et baraka, un parcours ludique au sein des collections du Mucem, proposé en écho à l’exposition « Par hasard », présentée au Centre de la Vieille Charité et à la Friche la Belle de Mai.


Commissariat : Caroline Chenu, chargée de recherches et de collections au Mucem

Entretien avec Caroline Chenu, commissaire de l’exposition

 
Mucem (M.)

Pourquoi avez-vous choisi de vous intéresser au thème du « hasard » pour cette exposition ?

 

Caroline Chenu (C.C.)

Il s’agit du thème choisi par les musées de la ville de Marseille, qui présentent l’exposition « Par hasard » au Centre de la Vieille Charité et à la Friche la Belle de Mai. Le Mucem a souhaité accompagner ce projet à sa façon, en interrogeant ses collections sous l’angle du hasard.
Il s’agit déjà de notre quatrième exposition sous forme d’abécédaire après « L’Amour », « Les Animaux » et « Les Reliquaires ». Le principe est toujours le même : à partir d’un thème choisi, nous illustrons chaque lettre de l’alphabet avec un ou plusieurs objets issus des collections et des fonds d’archives du Mucem. Il s’agit donc de décliner un même thème en 26 sections comme les 26 lettres de l’alphabet latin, de A à Z.

 

M.

Comment avez-vous procédé pour illustrer une telle thématique ?

 

C.C.

Quel défi de chercher à définir le hasard ! C’est un concept si large qu’il nous fallait imaginer un dispositif propre à cette exposition. Nous avons donc choisi de jouer avec l’idée d’« abécédaire » qui, à l’origine, est un exercice littéraire, un exercice de style souvent ludique. Selon ce principe, nous avons, pour chaque lettre de l’alphabet, recherché les mots en lien avec le thème du hasard pour ensuite les confronter aux collections, en allant voir dans les réserves du musée les objets correspondants et ne retenir qu’un seul terme, selon le pouvoir évocateur à la fois du vocable et de l’objetIl s’agit donc de croiser les collections et le lexique.

 

M.

Par exemple ?

 

C.C.

Pour la lettre « C », parmi les mots impliquant le hasard, il y avait « circonstance », « coïncidence », « contingence », « concours », mais aussi « la chiromancie », « la cartomancie », « le chat noir », « le coup du sort »… Parmi toutes ces possibilités, nous avons tout simplement choisi « la chance ». Pourquoi ? C’est un synonyme de hasard, on dit « par chance » comme on dit « par hasard ». Et pour illustrer cette « chance », nous présentons un ensemble de partitions issues du projet de musée de la Chanson, entrées dans nos collections en 1965, avec par exemple Si j’avais de la chance, de Line Renaud.
 
Pour la lettre « G », nous avions par exemple « la guigne » ou encore « le gland » (qui est un symbole de chance)… Nous avons finalement choisi « la gagne », car en sport aussi, il y a toujours une part de hasard : au-delà du talent ou du niveau d’entraînement, interviennent la chance ou le deus ex machina, sans parler de la « main de Dieu ». C’est ce suspens qui tient en haleine, et provoque la joie ou la déception. Nous présentons ici un trophée et des objets issus de la campagne d’enquête-collecte « Footix », autour de la Coupe du monde France 98.

 

M.

Au sein de cette sélection, quel est selon vous l’objet le plus remarquable ?

 

C.C.

Pour la lettre « K » (comme « karma » et « khamsa »), nous présentons un automate de voyance, le « Professeur Keud’Shi ». Il s’agit d’un objet composite, de grand format, assez spectaculaire, avec sa cabine de voyance et son accoutrement hindou à la limite de la caricature. Pour qu’il puisse dire la bonne aventure, il fallait mettre une pièce, et sa réponse apparaissait sous forme de petite carte. Cet objet sera montré pour la première fois, car il a été acquis tout récemment, en 2018. Nous l’avons d’ailleurs restauré spécialement pour ce projet.
 
Cela illustre bien les possibilités nouvelles que nous offre ce type d’exposition sous forme d’abécédaire : proposer au public – et notamment aux plus jeunes – de butiner dans les fonds du musée entre chefs-d’œuvre et objets méconnus de la collection du Mucem.