• Casque ottoman © Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais_Emilie Cambier
    Casque ottoman © Musée de l'Armée, Dist. RMN-Grand Palais_Emilie Cambier
  • Vitrine des Sentiers Métropolitains © Geoffroy Mathieu
    Vitrine des Sentiers Métropolitains © Geoffroy Mathieu
  • Cartes urbaines, projet des étudiants de l'Ecole nationale d’architecture de Marseille (ENSA-Marseille) © Mucem Francois Deladerriere
    Cartes urbaines, projet des étudiants de l'Ecole nationale d’architecture de Marseille (ENSA-Marseille) © Mucem Francois Deladerriere
  • Assiette tulipe armes doge Alvice Mocenigo © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) Martine Beck-Coppola
    Assiette tulipe armes doge Alvice Mocenigo © RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique) Martine Beck-Coppola
  • Triporteur du Caire 2016, collection Mucem © Denis Chevallier
    Triporteur du Caire 2016, collection Mucem © Denis Chevallier

Connectivités

Galerie de la Méditerranée 2
Mucem, J4— Rez-de-chaussée
| Du mercredi 29 novembre 2017 au lundi 11 septembre 2023

  • Une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles

Depuis novembre 2017, la deuxième section de La Galerie de la Méditerranée accueille l'exposition permanente 
« Connectivités » : une histoire des grandes cités portuaires de la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles - Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont alors les points stratégiques de pouvoir et d’échanges dans une Méditerranée qui voit naître la modernité entre grands empires et globalisation.

Prenant pour socle de réflexion La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, l’exposition propose de suivre les pas de l’historien Fernand Braudel et d’aborder cette Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles non pas comme un objet d’étude aux bornes chronologiques strictes, mais comme un personnage dont il s’agirait de raconter l’histoire en l’inscrivant dans la longue durée, allant jusqu’à l’interroger dans la période contemporaine.

Invitant les visiteurs à un saut dans le temps, cette histoire urbaine est également abordée aujourd’hui, à travers l’évolution de territoires portuaires contemporains : les mégapoles d'Istanbul et du Caire, la métropole de Marseille, la grande Région Casablanca-Tanger-Tétouan, ainsi que Venise et Athènes. Il s 'agit d'aborder la ville en développement comme le lieu vers lequel convergent et s'intensifient les flux, les connections, les échanges et donc le pouvoir dans un monde global et interconnecté. En Méditerranée comme ailleurs, ces phénomènes impactent diversement les cités et leurs territoires à divers niveaux : patrimonial, portuaire, touristique, climatique, avec des effets bénéfiques et des nuisances sur les milieux et les populations.

Afin de nourrir la richesse des sujets abordés, l’accrochage de l’exposition est régulièrement renouvelé.
Depuis octobre 2022, les évolutions les plus notables concernent la partie contemporaine de l’exposition.

Nouvelle œuvre de la série « Axe Rhône Océan Méditerranée Sibérie » de Jean Bellissen

L’introduction à la section contemporaine insiste sur le monde global devenu planétaire. 

Nous poursuivons le cycle de la série AROMSI, « Axe Rhône Océan Méditerranée Sibérie » de Jean Bellissen
(1936 - 2014) ; cette société fictive dont le programme utopique s’articule autour de l’exploitation de canaux, s’intéresse ici au canal Transsibérien avec un nouveau plan ciblé sur les croisières fluviales, 1999.


Scénographie Mucem Exposition Connectivités Oct 2022 © Solène de Bony
Scénographie Mucem Exposition Connectivités Oct 2022 © Solène de Bony

« Je lis la carte du monde et le projet du Canal Transsibérien s'impose, grande artère non polluante de circulation des matériaux lourds. Les écluses d'Omsk et le passage de l'Amour sont des ouvrages d'art qui recevront a priori un bon accueil des riverains. »

J.B., 2005

À force d'avoir observé, relevé, projeté de multiples réalités et de nombreuses fictions sur le mythique canal Saint-Martin (Paris), Jean Bellissen a naturellement étendu son microcosme à l'échelle de la planète. Ainsi est né l'Axe Rhône Océan Méditerranée Sibérie (AROMSI), une exploration détaillée des grands canaux fluviaux qui auraient pu être de ce monde.

Sept nouvelles photographies de Lara Almarcegui

En fin de parcours, l’espace des territoires de Marseille, propose sept photographies de Lara Almarcegui (1962), « Les friches Rio Tinto à l’Estaque, Marseille. Des terrains en attente de développement, 2018 ». L. Almarcegui (1972) travaille sur les zones en transition à la périphérie des villes. Cette série de photographies évoque le devenir des anciennes carrières de l’Estaque abandonnées en 2001, et avant tout projet de reconversion. 

Lara Almarcegui, Les friches Rio Tinto à l’Estaque, Marseille. Des terrains en attente de développement, 2018 © Lara Almarcegui
Lara Almarcegui, Les friches Rio Tinto à l’Estaque, Marseille. Des terrains en attente de développement, 2018 © Lara Almarcegui

« Les friches de l'ex-Rio Tinto ont été le siège d'activités industrielles consacrées à l'exploitation de carrières et à la chimie. Après que les unités de production aient cessé leur activité en 2001, il a été nécessaire de mettre en place un vaste chantier de dépollution. Dans le même temps, différents projets de développement du site étaient en discussion.

Ce travail est un portrait de ces friches, avant que toute décision concernant leur développement futur soit adoptée et que les constructions éventuelles commencent. »

L.A., 2001

Lara Almarcegui, Les friches Rio Tinto à l’Estaque, Marseille. Des terrains en attente de développement, 2018 © Lara Almarcegui
Lara Almarcegui, Les friches Rio Tinto à l’Estaque, Marseille. Des terrains en attente de développement, 2018 © Lara Almarcegui
Nouvelle vidéo « Life Underground », 2016-  2021, de Hervé Cohen (1963)

Diffusées depuis 2021 dans la salle vidéo de l’exposition à mi-chemin entre le parcours historique et le parcours contemporain, les vidéos de Hervé Cohen racontent des fragments de vies de migrants, rencontrés dans les métros du monde ; le nouveau cycle présenté en 2022 et 2023 se situe dans les Amériques (Montréal, Los Angeles, Santiago).

Assises nationales des Sentiers Métropolitains

Depuis novembre 2019, dans la section consacrée à Marseille, la vitrine des Sentiers Métropolitains fait apparaître une nouvelle ville, Boston. Ce work in progress suit chaque année l’apparition d’un nouveau chemin de randonnée périurbain tracé ou en cours, révélant le caractère international de cette pratique artistique des territoires.

Vitrine métropolitain trails, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Vitrine métropolitain trails, Scénographie Mucem, Exposition Connectivités, Nov. 2019 © François Deladerrière
Autres évolutions à signaler dans la partie contemporaine de « Connectivités »

Athènes

Vue de l'exposition Connectivités - Athènes, Jordi Ballesta - série photographique
Vue de l'exposition Connectivités - Athènes, Jordi Ballesta - série photographique 

« Athènes n'est pas une ville hors du commun. Comme de nombreuses capitales, elle a rejoint le monde industrialisé ; les populations rurales y ont massivement convergé ; y prospère d'ordinaire une société de consommation de plus en plus mondialisée. Athènes n'en est pas moins singulière : populaire et profondément domestique. Là est je crois sa particularité. »
Jordi Ballesta

 

Casablanca - Tanger - Tétouan

Vue de l'exposition Connectivités, Casablanca - Ymane Fakhir, Sara Ouhaddou, Faouzi Laatiris
Vue de l'exposition Connectivités, Casablanca - Ymane Fakhir, Sara Ouhaddou, Faouzi Laatiris

À l'origine, Casablanca est un port berbère sur l'Atlantique. Sous protectorat français (1912-1956), elle est transformée en un « laboratoire de la modernité ». Aujourd'hui capitale économique du royaume, ses nouvelles infrastructures font d'elle une grande métropole, avec des atouts et des freins. 
Prises entre métropolisation et mondialisation, les perspectives de Casablanca se rapprochent de celles de la région Tanger-Tétouan : Tanger Med, hub international, est le premier port africain du trafic conteneurisé en Méditerranée, Tétouan la plus andalouse des villes du Maroc, classée au patrimoine mondial pour la qualité de l'architecture de sa médina, tire sa dynamique du tourisme.
Ce processus de métropolisation-mondialisation-régionalisation est aussi facteur de déséquilibres économiques qui affectent les habitants. À cela s'ajoute la proximité des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, favorisant des flux marchands illégaux, accompagnés d'une mobilité humaine clandestine.

 

Venise

Scénographie Mucem Exposition Connectivités, Venise Nov 2022 © Julie Cohen
Scénographie Mucem Exposition Connectivités, Venise Nov 2022 © Julie Cohen

À l’aide d’une carte, d’un glossaire et de photos, nous avons tenté de représenter cet espace aux modifications séculaires qui est la lagune de Venise : les menaces qui compromettent sa survie en 2100, les éléments minimaux qui structurent l’espace de la lagune, les éléments naturels en transition et les dispositifs anthropiques de la lutte pour la survie.   

Autres évolutions à signaler dans la partie historique de « Connectivités »

Saint Ignace de Loyola et saint François Xavier

Saint Ignace de Loyola
Scénographie Mucem Exposition Connectivités Oct 2022, vue de Saint Ignace
de Loyola et saint François Xavier, Giovanni Battista Gaulli, dit Baciccio,
Gênes 1639 - Rome 1709, huile sur toile © Solène de Bony

Rencontre entre saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus et saint François
Xavier (1506-1552) co-fondateur et missionnaire de l’Ordre. Les deux amis et d’autres compagnons, qui s’étaient connus au collège Sainte-Barbe à Paris, mirent en place les fondements de l’Ordre des Jésuites, orientés par saint Ignace vers l’oeuvre missionnaire dans le Nouveau Monde. Approuvée en 1540 par le pape Paul III, la Compagnie avait formulé un voeu d’obéissance à la papauté. François Xavier répondit à la demande du roi du Portugal et du pape d’évangéliser les comptoirs des Indes orientales et convertit les Japonais avec succès dès 1549. Le rôle de la Compagnie de Jésus fut essentiel sous les Habsbourg au XVIe siècle.

 

La bataille de Lépante

Bataille de lépante
Scénographie Mucem Exposition Connectivités Oct 2022,
vue de La bataille de Lépante, Anonyme, XVIIe siècle (?), huile sur toile © Julie Cohen

Ce tableau représente la bataille navale du 7 octobre 1571 à Lépante, golfe de Corinthe, suite à la signature d’une « Sainte Ligue » initiée par le pape Pie V, rassemblant Espagnols, Génois, Vénitiens, le duché de Savoie et autres alliés de l’Empire des Habsbourg contre l’Empire ottoman qui venait de prendre Nicosie et Famagouste (Chypre). La bataille fut remportée par la flotte de la Sainte-Ligue commandée par Don Juan d’Autriche, demi-frère de Philippe II. Cette toile est représentative du programme de propagande artistique développé par les Habsbourg et la papauté pour célébrer la victoire du christianisme en Méditerranée.

 

Nasser Ellefi

Le Bouraq
Scénographie Mucem Exposition Connectivités Oct 2022, vue de Nasser Ellefi,
peinture sous verre, Tunisie, vers 2000 © Solène de Bony

Le Bouraq (« éclair » en arabe) est la monture fantastique sur laquelle Mahomet aurait, selon la tradition musulmane, effectué le voyage nocturne de la « Mosquée sacrée à la Mosquée très éloignée » (sourate 17), associées à La Mecque et à Jérusalem. C'est où le Prophète aurait pris son envol qu'a été construite la mosquée al-Aqsa, ici représentée à l'arrière-plan, sur le mont du Temple de Jérusalem. La ville sainte pour les trois religions monothéistes est sous domination ottomane entre 1516 et 1917. 


Commissariat d'exposition : Myriame Morel-Deledalle avec la collaboration de Sylvia Amar-Gonzalez, Jean-Roch Bouiller et Emilie Girard, et assistés de Lise Lézennec, Clémence Levassor et Céline Porro
Graphisme : Anne-Katherine Renaud
Scénographie : bGcstudio—Iva Berthon Gajsak et Giovanna Comana, architectes
Conception lumière : Sara Castagné

Avec le soutien d’Interxion, de NGE et du Club de l'Immobilier.

Logo Interxion   Logo - NGE   Logo - Club de l'Immobilier

 

Entretien avec Myriame Morel-Deledalle, commissaire de l’exposition

 

Myriame Morel-Deledalle est historienne et archéologue de formation. Après avoir participé aux fouilles archéologiques du chantier de la Bourse (Marseille), elle a été conservateur-directeur du musée d’Histoire de Marseille qu’elle a dirigé depuis son ouverture en 1983 et conduit et développé jusqu’en 2007. Elle est aujourd’hui conservateur en chef du patrimoine au Mucem, où elle a assuré le commissariat des expositions « Splendeurs de Volubilis », « Migrations divines » et « Or ».

 

Mucem (M)

L’exposition « Connectivités » se déploie en deux parties, l’une historique, l’autre contemporaine… Quel est son propos général ?

Myriame Morel-Deledalle (M.D-D.)

Cette exposition traite de la question des villes et de leur connectivité en Méditerranée, sur deux périodes radicalement différentes.
La première partie s’inscrit dans une séquence historique et géographique bien identifiée dans le temps et dans l’espace : la Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles, traitée à travers les connexions de six villes (trois pour l’Empire des Habsbourg, trois pour l’Empire ottoman) qui sont en lien, en opposition ou en situation de pouvoir les unes par rapport aux autres. Ici, le parcours d’exposition reprend l’espace géographique de la Méditerranée : on entre à l’Est par Istanbul, on circule vers Venise et Alger, avant d’aborder la partie occidentale de la Méditerranée, de Gênes à Séville, pour terminer avec Lisbonne, comme ouverture sur l’Atlantique.
Dans sa seconde partie, plus réduite, l’exposition présente des villes de la Méditerranée contemporaine : deux métropoles (Marseille et Casablanca) et deux mégapoles (Istanbul et Le Caire). Elles sont abordées à travers des maquettes, mais aussi des vidéos, des films et des photographies d’art contemporain ; alors que la première partie est développée avec des objets historiques issus de dépôts d’un certain nombre de musées français et européens, ainsi que des objets des collections du Mucem.

M

La première partie mène le visiteur successivement à Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne, aux XVIe et XVIIe siècles. Pourquoi avoir choisi ces villes-là durant cette période-là ?

M.D-D.

La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles constitue un véritable point de bascule historique et géographique : deux grands empires atteignant leur apogée s’y côtoient, celui des Habsbourg et celui des Ottomans ; en même temps que s’ouvrent de nouveaux horizons faisant de la Méditerranée une mer ouverte, inaugurant l’ère de la mondialisation. L’Empire des Habsbourg se développe à partir de l’Ouest (Amériques et Asie) et l’Empire ottoman se tourne davantage vers l’Est (Asie). Au cœur de ces empires immenses, certaines villes comme Istanbul, Séville, Venise ou Alger sont de véritables nœuds de pouvoir où se concentrent les échanges et les tensions entre les deux empires, et entre ceux des « nouveaux mondes ».
Ce cadre chronologique et historique se fonde sur la thèse de l’historien Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, socle de réflexion de cette exposition.

M

En quoi l’œuvre et la pensée de Fernand Braudel (1902-1985) sont-elles encore pertinentes aujourd’hui ?

M.D-D.

Fernand Braudel est un historien et géographe issu de l’École des Annales qui, dans les années 1930, avec Lucien Febvre et Marc Bloch, a initié une nouvelle manière d’appréhender l’histoire en privilégiant non pas l’histoire événementielle mais le contexte et la longue durée. C’est-à-dire la durée géographique, physique, historique, sur le long terme, des relations politiques et sociales au sein des sociétés. En effet, l’histoire n’est pas une succession d’événements, de dates et de coups de canons… C’est d’abord une affaire de contextes. Ce qu’on appelle aujourd’hui « histoire globale » ou « histoire-monde » est la suite logique de cette manière d’appréhender l’histoire.
Cette méthode, Fernand Braudel l’a illustrée dès 1949 avec sa thèse La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II. C’est une œuvre de référence, certes incomplète – y compris au niveau des sources – mais dont la méthodologie jette les bases d’une réflexion nouvelle sur l’histoire. Une exposition est différente d’un ouvrage, mais en utilisant la méthode braudélienne, on voit bien qu’il est possible d’articuler le propos muséal autour des liens qu’entretiennent ces « espaces-mondes » que sont les villes et les empires aux XVIe et XVIIe siècles.

M

La seconde partie de l’exposition s’intéresse quant à elle aux villes méditerranéennes contemporaines, en distinguant mégapoles et métropoles…

M.D-D.

Selon l’ONU, 3,5 milliards de personnes à travers le monde vivent aujourd’hui dans une ville. Elles seront 5 milliards dans 15 ans et 7,5 milliards à l’horizon 2050. Il nous a ainsi paru intéressant d’interroger le phénomène urbain actuel, à travers un focus sur quatre villes méditerranéennes, présentant des modes d’évolution bien distincts. D’une part les métropoles, qui essaient de mettre en place des modes de gestion raisonnée des flux, des circulations, et du développement urbain et économique. C’est le cas de Marseille et Casablanca. D’autre part, les mégapoles qui résultent d’une extension du territoire sans limite, sans contrôle, sans intervention ou gestion politique. Nous avons identifié Le Caire et Istanbul comme les deux plus grandes mégapoles méditerranéennes. Soit 15 millions d’habitants pour ces deux villes, qui ont connu une croissance démographique exceptionnelle en seulement quelques années. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes…

Dans l’exposition, nous présentons donc quatre maquettes de Marseille, Casablanca, Istanbul et Le Caire, toutes à la même échelle et qui mettent en évidence quatre facteurs : la topographie, la tache urbaine, les circulations et les infrastructures. Chacune de ces villes fait aussi l’objet d’un focus particulier avec quelques nouvelles maquettes, comme pour la question de l’habitat informel au Caire ; mais aussi avec le travail d’artistes contemporains qui permettent aux visiteurs de se plonger dans la réalité physique de ces villes à travers des films, des vidéos et des photographies.

M

Dans la section traitant des métropoles, Casablanca est présentée comme un exemple de gestion urbaine… Qu’en est-il de Marseille ?

M.D-D.

Nous avons fait le choix de prendre une métropole du Sud pour illustrer la gestion raisonnée d’une métropole. Casablanca est une référence dans la pensée urbaine en termes d’organisation : l’expansion de la ville a été anticipée dès le début du XXe siècle. Celle-ci est certes liée à une histoire coloniale. Avant, pendant et après l’indépendance, différents architectes-urbanistes (Prost, Écochard, Candilis, etc.) ont travaillé sur l’aménagement de Casablanca avec une forme de continuité, poursuivie de nos jours par la municipalité. Cette ville présente aujourd’hui un schéma d’organisation intéressant car assez multiple et diversifié dans sa conception d’un développement urbain, avec, notamment, la question centrale de la ville durable.
À Marseille, il y a une volonté politique affirmée de la métropole. Nous présentons dans l’exposition le fruit d’une consultation menée en 2015 auprès de trois équipes d’urbanistes, architectes et philosophes, proposant chacun différentes pistes de développement pour ce territoire singulier. Certains misent sur la mise en valeur du patrimoine naturel, d’autres insistent sur les infrastructures… Ce sont des projets d’orientation à destination des élus ; des choix de développement possibles. En attendant de les voir aboutir – ou pas –, l’exposition s’intéresse aussi au sentier de grande randonnée GR2013, qui invite à la traversée de ce territoire à travers la figure originale du « marcheur métropolitain ».

 

 

 

Audioguide de l'exposition


Suivez le parcours audio de 30 minutes grâce à notre audioguide de visite en libre écoute.
Pour y accéder c'est facile, connectez vous avec votre téléphone sur visit.mucem.org ou flashez le QR code situé à l'entrée du musée et des expositions avec votre connexion internet ou le réseau WiFi gratuit. Parcours disponible en LSF et en audio-description. 
Vous accéderez alors à l'application gratuitement, sans téléchargement. Les commentaires sont disponibles en 2 langues : français, anglais. Pensez à vous munir de vos écouteurs.
Webapp développée par Mazédia et contenus audios produits par Audiovisit. 
Branchez vos écouteurs et laissez vous guider !

 

 

Éditions


Catalogue d'exposition Connectivités, MucemConnectivités. Cités, villes, mégapoles en Méditerranée

Catalogue d'exposition Éditions du Mucem. Livre relié, bilingue anglais/français
« Connectivités » raconte, en suivant les pas de Fernand Braudel, une histoire des grandes cités portuaires en Méditerranée aux xvie et xviie siècles : Istanbul, Alger, Venise, Gênes, Séville et Lisbonne sont les points stratégiques d’un espace qui voit naître la modernité, entre grands empires et globalisation. Le concept de longue durée cher à l'historien amène à interroger les enjeux d'un développement territorial soutenable, à travers l'exemple des métropoles et mégapoles contemporaines, notamment Le Caire, Istanbul, Casablanca et Marseille, qui sont au cœur des connections et des flux.

Découvrir

 

À voir


Connexités I
Dès l'entrée de l'exposition, sept témoins, critiques ou disciples de la pensée de Fernand Braudel, apportent des clés de décryptage des villes du XXe et XXIe siècle.

Avec Michel Agier (anthropologue), Amale Andraos (architecte), Virginie Baby-Collin (géographe), Serge Grunzinski (historien), Michel Lussault (géographe), Saskia Sassen (sociologue), Immanuel Wallerstein (sociologue). 
© Production Mucem 2017
 


Parcours de l'exposition 

1 : La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles

Escale 1 : Istanbul, capitale de l’Empire
Sous le règne de Soliman 1er, la capitale qui compte 500 000 habitants atteint le summum de sa puissance et de son épanouissement artistique et culturel.

Escale 2 : Venise, la Sérénissime
Porte d’entrée du commerce de l’empire ottoman en Méditerranée orientale, Venise occupe une position stratégique et joue un double jeu entre les deux empires.

Escale 3 : Alger, la course
Libérée de l’influence espagnole en 1529, Alger devient un poste avancé de l’Empire ottoman en Afrique du Nord. Bien placée sur la route maritime, elle se spécialise dans la guerre de course.

Escale 4 : Gênes, la banquière
Lors de la crise financière de 1550, les Génois s’imposent comme banquiers de l’Espagne. Richissime, la rivale de Venise s’embellit en construisant d’immenses palais.

Escale 5 : Séville, sur le Guadalquivir
Depuis Christophe Colomb en 1492, Séville est le port officiel des expéditions maritimes espagnoles. Les métaux précieux extraits des nouveaux territoires colonisés aux Amériques y sont expédiés avant d’être réacheminés vers l’Europe.

Escale 6 : Lisbonne, sur l’Atlantique
Le commerce des épices crée de nouvelles routes maritimes découvertes par les explorateurs portugais. La première circumnavigation du Portugais Magellan en 1522 permet le contournement de la Méditerranée et marque le début de son déclin.

2 : Les mégapoles et métropoles contemporaines méditerranéennes du XXIe siècle

Escale 1 : Mégapoles d’Istanbul et du Caire, l’urbanisme non contrôlé
Le Caire projette son développement à travers des villes nouvelles postées à sa périphérie tandis qu’Istanbul est la ville aux quatre grands projets de transformation urbaine, lancés par l’Etat.

Escale 2 : Métropoles d’Aix-Marseille-Provence et de Casablanca, la gestion raisonnée du territoire
Casablanca est une ville dont l’expansion a été anticipée au début du XXe siècle tandis que Marseille est une métropole polycentrique, où des îlots de nature sont étroitement imbriqués dans le tissu métropolitain.

Découvrir l’exposition en  famille : l'île aux trésors

L’île aux trésors

Espace enfants pour les 3-12 ans
Un voyage à la découverte de la Méditerranée des grands empires et à la rencontre des rois et des sultans, des pirates, des doges et des marchands... : une aventure en plusieurs escales qui mène successivement à Istanbul, Venise, Alger, Gênes, Séville, Lisbonne et Marseille.

Le projet des espaces enfants bénéficie du soutien de la MGEN et de Babyzen.
Découvrir

 


Visite virtuelle


(Re)découvrez l'exposition comme si vous étiez !


Réalisation © Notoryou

 

 



Activités et événements associés

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    Sentiers métropolitains

    Jeudi 28 novembre 2019 à 17h30

    Conférence et visites

    Bordeaux, Milan, Marseille, Tunis, Avignon, Paris, Istanbul, Londres, Cologne, Boston, Athènes… En mettant en commun des initiatives apparues depuis les années 2000,…


Partenaires et mécènes

Avec le soutien d’Interxion, de NGE, du Club de l'Immobilier et de la compagnie de croisières Ponant.