• Derrière nous, 2019, tirage atelier Tchikebe, Sérigraphie en 1, 2, 3, 4 et 6 couleurs © Francisco Tropa et la Classe de 5e 3 du Collège Louis Armand, 13012 Marseille, photo : Yves Inchierman, Mucem
    Derrière nous, 2019, tirage atelier Tchikebe, Sérigraphie en 1, 2, 3, 4 et 6 couleurs © Francisco Tropa et la Classe de 5e 3 du Collège Louis Armand, 13012 Marseille, photo : Yves Inchierman, Mucem
  • Affleurements, Scénographie, Septembre 2020 © Julie Cohen, Mucem
    Affleurements, Scénographie, Septembre 2020 © Julie Cohen, Mucem
  • Sammy Baloji, Fragments of Interlaced Dialogues, Installation, 2018. Vue d'exposition CC Strombeek, Belgique, 2018. Photo © PAUWELS, Belgique, 2018
    Sammy Baloji, Fragments of Interlaced Dialogues, Installation, 2018. Vue d'exposition CC Strombeek, Belgique, 2018. Photo © PAUWELS, Belgique, 2018

Affleurements


Mucem, Centre de conservation et de ressources— (Belle de Mai—1, rue Clovis Hugues 13003 Marseille)
| Du vendredi 18 septembre 2020 au vendredi 8 janvier 2021

  • Quels sont les liens entre création contemporaine et archéologie ?—Projet européen de coopération « Excavating Contemporary Archaeology »  

Quels sont les liens entre création contemporaine et archéologie ? C’est l’une des questions soulevées par l’exposition « Affleurements », qui présente les travaux de quatre artistes – Amalie Smith, Sammy Baloji, Cristina Lucas et Francisco Tropa – accueillis en résidence au sein de quatre institutions culturelles européennes dans le cadre du projet Excavating Contemporary Archaeology.
 
À Anvers (AIR, Belgique), à Nicosie (POINT, Chypre), à Aarhus (Kunsthal, Danemark), comme à Marseille (Mucem, France), chacun de ces artistes a pu, durant plusieurs semaines, s’inspirer des contextes culturels locaux, travailler avec des collégiens et produire de nouvelles créations selon des méthodes qui ne sont pas sans rappeler celles de l’archéologie.
 
En effet, à la manière de l’archéologue, ces artistes interrogent la surface visible du monde pour y faire affleurer les traces du passé – qu’elles témoignent d’un moment historique qu’il est parfois douloureux d’évoquer ou de la mémoire mythique d’une humanité questionnant ses origines. En contrepoint, certains questionnent notre devenir dans une sorte de récit d’anticipation, inventant une nouvelle forme d’archéologie du futur.

—Commissariat :
Hélia Paukner, conservatrice du patrimoine, responsable du secteur Art contemporain au Mucem.
Excavating Contemporary Archaeology est un projet de coopération européenne qui vise à explorer la richesse et la diversité du patrimoine culturel européen. Il rassemble pour une durée de deux ans (2018-2020) quatre institutions partenaires : la Kunsthal à Aarhus (Danemark), POINT à Nicosie (Chypre), AIR à Anvers (Belgique) et le Mucem.
 
L’objectif est de questionner les liens existants entre l’archéologie, entendue au sens large des traces laissées par le passé, et la création artistique contemporaine. Les quatre partenaires ont mis en place des programmes de résidences, permettant à des artistes contemporains d’explorer la diversité des patrimoines culturels. Le projet suggère ainsi une nouvelle approche du patrimoine culturel, de l’histoire et de la notion d’identité, à l’attention du grand public et notamment des jeunes générations.
 

Le Mucem à l'international

Découvrir

 

Le projet « Excavating Contemporary Archaeology » est cofinancé par le programme Europe créative de l’Union européenne et s’inscrit dans le cadre de « 2018 : Année européenne du patrimoine culturel ».

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Entretien avec Hélia Paukner, commissaire de l’exposition

 
Mucem (M.)  Qu’est-ce que le projet Excavating Contemporary Archaeology et comment est né ce projet d’exposition ? 

 

Hélia Paukner (H.P.) Excavating Contemporary Archaeology est un projet de coopération européenne qui réunit le centre d’art contemporain POINT de Nicosie (Chypre), la Kunsthal d’Aarhus – un musée danois –, la structure de résidences artistiques AIR d’Anvers (Belgique) ainsi que le Mucem. 
C’est la Kunsthal d’Aarhus qui a été notre premier interlocuteur. L’enthousiasme de son directeur, Jacob Fabricius, nous a donné envie de présenter à notre tour un projet, que nous avons eu la chance de voir validé par le programme Europe créative de l’Union européenne. La dimension internationale du projet, la possibilité qu’il offrait d’entrer en contact avec des institutions muséales aux quatre coins de l’Europe nous a séduits. Mais nous avons surtout été sensibles à la façon dont ce projet associait la création contemporaine, la pratique curatoriale et le partage pédagogique.

 

M. Le Mucem a accueilli l’artiste portugais Francisco Tropa. Comment s’est déroulée sa résidence à Marseille ? 
   
H.P.  La résidence de Francisco Tropa a été, je pense, très enrichissante pour tout le monde : la découverte des collections du Mucem a véritablement passionné Francisco Tropa, qui a, à son tour, partagé avec beaucoup de générosité son enthousiasme et sa pratique avec les élèves d’une classe de cinquième du collège Louis Armand (dans le 12e arrondissement de Marseille). Ces derniers ont été ravis de voir leurs travaux exposés avec ceux de l’artiste dans l’exposition « Derrière nous », présentée au Centre de conservation et de ressources du Mucem en 2019. Et pour les équipes du musée, la collaboration avec l’artiste et les élèves a été l’occasion de jeter un regard nouveau sur les collections. 
   
M.  Comment avez-vous sélectionné les autres œuvres présentées dans l’exposition ? 
   
H.P.  Les œuvres exposées sont d’abord celles qui ont été créées par les artistes pendant les résidences effectuées en 2019 dans le cadre du projet européen Excavating Contemporary Archaeology. 
Mais les artistes ont bien sûr aussi fait des propositions d’œuvres complémentaires. Lorsque cela faisait sens par rapport au projet, et lorsqu’il nous paraissait possible de les accrocher harmonieusement avec les œuvres produites en résidence, nous ne nous sommes bien sûr pas privés de les montrer ! 
   
M.  Quelles similitudes percevez-vous entre le travail de l’artiste et celui de l’archéologue ?
   
H.P.  L’archéologue comme l’artiste sont des chercheurs ; et le contact avec la matière n’effraie ni l’un ni l’autre ! Tous deux voient au-delà de la surface du réel et y cherchent ce qui peut être signifiant.  
On pourrait être tenté d’opposer la rigueur de la démarche scientifique de l’archéologue au travail de l’imagination artistique, mais pour mener à bien son travail, l’artiste doit aussi faire preuve de rigueur, tandis que l’imagination est indispensable à l’archéologue pour formuler des hypothèses historiques et savoir où sonder le terrain. Peut-être que l’on peut dire, pour le plaisir de la formule, que l’artiste comme l’archéologue aiment à créer ou recréer des mondes…

 


Informations pratiques


Exposition accessible du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h