Tarek Atoui © Locus Athens

Tarek Atoui © Locus Athens

Tarek Atoui, artiste invité

Tarek Atoui est l’artiste invité au Mucem pour la saison 2019-2020. Artiste sonore et compositeur, il crée des instruments de musique complexes et innovants, qu’il va s’attacher à activer au musée durant toute cette saison à travers concerts, conférences, performances et ateliers.

 

Tarek Atoui

Tarek Atoui est artiste et compositeur. Son travail porte généralement sur des interprétations découlant de recherches approfondies sur l’histoire de la musique et les traditions musicales et explorant de nouveaux modes de collaboration et de production. Une réflexion constante sur la notion d’instrument, et la façon dont elle empiète sur les actes de composition et d’interprétation, constitue le cœur de son travail. 
Tarek Atoui utilise le son d’une façon qui remet en question et élargit l’horizon de nos approches préconçues. Par exemple, son projet WITHIN s’inspire de la culture des personnes sourdes et malentendantes pour trouver de nouvelles manières de construire des instruments, de composer et d’interpréter. Dans The Reverse Collection, des musiciens jouant des instruments de tous âges et toutes origines exposés dans un musée d’anthropologie sont enregistrés, puis l’artiste crée une nouvelle collection d’instruments uniquement en écoutant ces enregistrements.
Tarek Atoui a présenté son travail à l’international : Biennale de Sharjah aux Émirats arabes unis (2009 et 2013), dOCUMENTA 13 à Kassel, Allemagne (2012), 8e Biennale de Berlin (2014), Tate Modern, Londres (2016), CCA NTU, Singapour (2017), Garage, Moscou (2018) et 58e Biennale de Venise (2019).
Il a été nommé codirecteur artistique des studios STEIM en 2007 ainsi que de l’Assemblée de Bergen, un événement triennal consacré à l’art contemporain en Norvège, en 2016. 
Tarek Atoui vit et travaille actuellement à Paris.

Entretien avec Tarek Atoui

 
Mucem (M.)

Vous êtes artiste invité au Mucem pour la saison 2019-2020. Comment abordez-vous cette collaboration ?

 

Tarek Atoui (T.A.) 

Celle-ci se situe dans le prolongement de mes recherches. J’ai en effet l’habitude de mener des projets au long cours, qui s’étalent sur plusieurs années, et qui mêlent pédagogie, recherche, performance, installation et composition de manière assez intriquée : c’est selon ce prisme que j’envisage ma collaboration avec le Mucem, qui va me permettre de poursuivre mon exploration dans ces directions.
 

 

M.

Vous menez actuellement une recherche autour des ports…

 

T.A.

En effet, il s’agit d’une exploration des villes qui se sont développées par leurs activités portuaires, des villes où le port a joué un rôle majeur dans l’histoire économique et la vie sociale : Athènes, Abou Dhabi, Porto, Marseille… Moi-même, je viens de Beyrouth, une ville portuaire, ouverte sur l’extérieur.
Cette exploration se traduit par un projet de musique concrète, dans lequel il s’agit de capter des sons sur place. Il n’y a certes rien de nouveau là-dedans, mais c’est le début d’une recherche. Désormais, il s’agit pour moi de voir ce que ces choses vont raconter, comment ce matériau va me pousser à créer…

 

M.

Vous avez donc révisé votre histoire du port de Marseille avant de venir ?

 

T.A.

Un tout petit peu ! J’ai habité à Marseille, dans le quartier du Panier, en 2003-2004. C’était alors la fin de mes études et le début de mes activités de musicien. Quand on vit au Panier, on sent bien que le port est primordial à Marseille. C’est lui qui rend possible toute cette diversité culturelle qui caractérise la ville. J’ai l’impression que, depuis quelque temps, les choses ont changé… Mais je ne connais pas encore assez bien la question, et je suis donc très curieux de pouvoir bientôt explorer les lieux afin de mieux comprendre cette évolution.

 

M.

Quel type de projet allez-vous proposer durant cette saison au Mucem ?

 

T.A.

Comme je vous l’ai dit, je vais collecter des sons de Marseille dans le cadre de mon projet sur les ports. Mais au-delà de cette collecte, il s’agit aussi de réfléchir à la manière de diffuser ces sons, de les mettre en vie. Cette approche se conjugue avec mon intérêt pour les objets pédagogiques, les instruments qui s’adressent à un large public, qui se jouent et s’interprètent de différentes manières. Cela passe par le fait de développer plusieurs instruments dont des samplers, qui jouent des sons concrets, et d’autres outils de diffusion sonore. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de composer, de jouer, mais aussi de réfléchir à comment on diffuse, comment on partage ces créations.

 

M.

Par quels types de propositions cela va se traduire ?

 

T.A.

Par un espace d’expérimentation aménagé au sein du Mucem : cet espace présentera les sons enregistrés et les idées d’instruments et de prototypes que différents publics seront invités à explorer et jouer. Nous y inviterons aussi les compositeurs et les musiciens marseillais qui travaillent dans le champ de l’improvisation et des musiques libres. Tout cela fera naître différents moments de concerts et de performances au sein et en dehors du Mucem, et créera des temps forts sur lesquels ces travaux et contributions seront réunis au sein de propositions à plus large échelle.

 

 

 

 

 

Tarek Atoui IE Elefsis © Locus Athens

Rencontre avec Tarek Atoui

Samedi 14 décembre 2019 à 16h00
Tarek Atoui, artiste invité
Tarek Atoui est l’artiste invité au Mucem pour la saison 2019-2020. Rendez-vous dès 16h au forum, pour une rencontre sous forme de plateau radio avec Radio Grenouille, suivie à 17h15 d’une performance !