Maryse Condé © Nicolas Serve / Oh les beaux jours !

Maryse Condé © Nicolas Serve / Oh les beaux jours !

Les amitiés de Maryse Condé

Le Mucem invite l’écrivaine Maryse Condé pour deux journées de rencontres, lectures, spectacles et concerts dédiés à son œuvre engagée et mémorielle.

Auteure d’une quarantaine d’ouvrages traduits dans plusieurs langues, et récompensée par de nombreux prix dont le prix de la Nouvelle Académie de littérature (qui a remplacé en 2018 le Nobel de littérature), Maryse Condé révèle dans son œuvre les ravages du colonialisme et nous fait découvrir les mille facettes de la réalité antillaise.

Pendant ces deux journées au Mucem, Maryse Condé partage ses amitiés au long cours : la soprano Leïla Brédent, la voix slamée de Blade Alimbaye, trois générations de femmes dans Desirada, les mots complices d’Hélène Carrère d’Encausse, Laurent Gaudé, Annie Maïllis, Pascale Theriez, Gaël Octavia, Leïla Slimani et Christiane Taubira, une lecture théâtralisée et musicale de La Migration des cœurs, les chants haïtiens de Mariann Mathéus, et le son des tambours pour un final en gwoka.

Avec Maryse Condé et ses invités :
Blade Alimbaye, Ahmed Barry, Nicolas Baudino, Eric Bouvron, Leïla Brédent, Hélène Carrère d'Encausse, Laura Clauzel, Nathalie Coualy, Max Diakok, Igo Drané, Eva Dumbia, Jean-Emmanuel Fatna, Laurent Gaudé, Antoine Herbez, Marie Huyghues Despointes, Annie Maïllis, Jean-Erns Marie-Louise, Valérie Marin La Meslée, Mariann Mathéus, Gaël Octavia, Françoise Sémiramoth, Leïla Slimani, Sylvain Souret, Christiane Taubira, Romain Trouillet. 

Avec la participation de l’association Macaya et du collège Henri Wallon.

Une programmation conçue en collaboration avec le Comité Mam Ega, la Collective, l’association Mamanthé et le festival Kadans Caraïbe
Maryse Condé

Originaire de Guadeloupe, Maryse Condé est l’auteure d’une œuvre considérable, maintes fois primée, lue et étudiée dans le monde entier. Révélée avec le roman Ségou au milieu des années 1980, elle reçoit de nombreux prix pour ses romans : Moi, Tituba sorcière noire de Salem, La Vie scélérate ou encore Le Cœur à rire et à pleurer, jusqu’au prix Nobel alternatif en 2018 qui couronne presque 50 ans d’écriture. Le jury salue une œuvre décrivant « les ravages du colonialisme et le chaos post-colonial dans une langue à la fois précise et bouleversante ». Elle reçoit en 2021 le prix Cino Del Duca pour son œuvre qui constitue « un message d’humanisme moderne ». 
Journaliste, dramaturge, auteure pour la jeunesse, essayiste et romancière, elle a également été professeure émérite à l’université de Columbia, aux États-Unis, où elle a fondé le Centre d’études françaises et francophones.
Née à Pointe-à-Pitre le 11 février 1934, dernière d’une famille aisée de huit enfants, elle grandit dans la culture française. Entrée au lycée Fénelon de Paris à 16 ans, elle est confrontée à ses origines en entendant parler pour la première fois de l’esclavage. La couleur de sa peau devient un sujet important.
Elle s’intéresse alors à la littérature antillaise et rédige ses premiers écrits, le Discours sur le colonialisme (1950) d’Aimé Césaire lui ouvrant les yeux à 20 ans et la conduisant à remonter le fil de l’histoire de l’esclavage. Entamant une licence d’anglais à la Sorbonne, elle fréquente les milieux africains et rencontre l’acteur Mamadou Condé. Après leur mariage en 1958, elle part explorer ses racines en acceptant un poste de professeure en Côte d’Ivoire et commence ainsi une quête identitaire qui la mènera en Afrique et en Amérique, dans les Caraïbes et les Antilles. Elle passe les années 1960 entre la Guinée et le Ghana, avec une parenthèse de deux ans à Londres en tant que journaliste culturelle pour la BBC. Elle passe quelques temps à la fin des années 60 au Sénégal, où elle rencontre le traducteur Richard Philcox, avec qui elle vit depuis et qu’elle épousera en 1982 à Paris. En 1970, elle quitte l’Afrique pour s’installer à Paris et écrit pour le théâtre, tout en travaillant comme critique littéraire pour la maison d’édition Présence africaine. Poursuivant des études littéraires à la Sorbonne, elle publie son premier roman, Hérémakhonon (En attendant le bonheur), l’année de la soutenance de sa thèse, en 1976. Son roman historique en deux volumes, Ségou (1984-1985), la fait entrer dans le paysage littéraire.
Suivent de nombreux romans où elle met souvent en scène des femmes maltraitées par l’histoire, qui tentent de conquérir leur liberté (Moi, Tituba sorcière noire de Salem ; Victoire, les saveurs et les mots, où elle rend hommage à sa grand-mère ; Desirada…). Elle aborde aussi la question des classes sociales à travers la saga d’une grande famille caribéenne (La Vie scélérate, prix de l’Académie française en 1988), se raconte elle-même dans une très belle autobiographie (La Vie sans fards, 2012), met fin à ce qu’elle nomme « le mythe de la négritude » dans Le Fabuleux et Triste Destin d’Ivan et Ivana (2017), son roman inspiré de l’attentat terroriste d’Amedy Coulibaly en 2015. Dans son dernier roman, L’Évangile du nouveau monde (2021), Maryse Condé ose une réécriture contemporaine du Nouveau Testament transporté en Guadeloupe. L’histoire d’un messie métis, altermondialiste et féministe voulant changer le monde et s’emparant des questions actuelles d’identité, de droit des femmes et des ouvriers, de migrations.

Passant sa vie entre son travail de professeure universitaire aux États-Unis et sa maison en Guadeloupe durant les années 1990 et 2000, elle retourne en France en 2007 et vit, depuis 2013, en Provence.

Programme

 

Vendredi 25 novembre

11h, auditorium, entrée libre

Moi, Tituba, sorcière… 

Les élèves du collège Henri Wallon entrent en scène avec une proposition croisant théâtre, slam et vidéo menée à partir du roman Moi, Tituba, sorcière… de Maryse Condé.
Ateliers menés par Gary Mampiono, auteur, interprète, animateur d’ateliers artistiques (rap, lecture, théâtre, vidéo).

 

19h, auditorium, entrée libre

Récital

Par la soprano lyrique colorature Leïla Brédent, accompagnée au piano par Sylvain Souret.

 


20h30, forum, entrée libre

La Migration des cœurs 

Mise en scène Eric Bouvron
Avec Laura Clauzel, Jean-Erns Marie-Louise, et Romain Trouillet au piano

Lecture théâtralisée et musicale à partir du roman La Migration des cœurs de Maryse Condé.

 

 

Samedi 26 novembre

 

14h30, auditorium, entrée libre

Désirada 

Mise en scène Antoine Herbez

Avec Nathaly Coualy, Igo Drané

Lecture musicale à partir du roman Désirada de Maryse Condé.

 

17h, forum, entrée libre

Création

Slam et musique

Blade Alimbaye (voix et machines) et Nicolas Baudino (flûte, saxo, clavier)

 

18h, auditorium, entrée libre

Rencontre et musique

Complicités et résonances 

Avec la participation de :

Hélène Carrère d'Encausse (historienne, membre de l’Académie française), Laurent Gaudé (écrivain), Annie Maïllis (critique littéraire), Gaël Octavia (écrivaine, dramaturge), Leila Slimani (journaliste, écrivaine),  Christiane Taubira (femme politique, écrivaine), Pascale Theriez. 

Modération par Valérie Marin La Meslée (journaliste) et Eva Doumbia (auteure, metteure en scène)

En clôture : chants traditionnels haïtiens par Mariann Mathéus, accompagnée d’Ahmed Barry à la guitare et Jean-Emmanuel Fatna à la batterie et aux percussions.

 

21h, forum, entrée libre

Concert

Célébration du Gwoka 

Compagnie Boukousou (Max Diakok)

Un concert qui renoue avec la tradition du Gwoka dans ses déclinaisons rurales et urbaines. La Compagnie Boukousou lui redonne sa dimension sacrée en valorisant l’authenticité des émotions dégagées par chaque rythme.

En partenariat avec le Festival Kadans Caraïbes.

 

Vendredi 25 et samedi 26 novembre, forum en continu

Le Caravage créole

Installation sonore et vidéo de Françoise Sémiramoth, artiste plasticienne.