© ADAGP, Paris, 2019 photo © Coll. Jonas/KHARBINE-TAPABOR

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Des robinsonnades aux nouveaux Robinsons

Rencontres-débats/Conférences

Avec Guillaume Pigeard de Gurbert (philosophe) et les commissaires de l’exposition « Le temps de l’île », Jean-Marc Besse (philosophe, directeur d’études à l’EHESS, directeur de recherches au CNRS), Guillaume Monsaingeon (professeur de philosophie).

Modération : Catherine Portevin (Philosophie Magazine)

Lecture : Philippe Car (comédien et metteur en scène, Agence des Voyages imaginaires)


Depuis sa parution en 1719, le Robinson Crusoé de Daniel Defoe n’a cessé d’inspirer de nouvelles variations sur le thème de l’île déserte et du naufragé appelées « robinsonnades ». Citons par exemple L’Île mystérieuse de Jules Verne (1874), Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier (1971), ou encore, plus près de nous, L’Empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau (2012). Par strates successives, cet ensemble de récits, d’histoires et d’imaginaires a participé à la constitution d’un véritable mythe universel moderne.
 
Lors de cette table ronde, le philosophe Guillaume Pigeard de Gurbert et les commissaires de l’exposition « Le temps de l’île », Guillaume Monsaingeon et Jean-Marc Besse, décryptent l’évolution du mythe de Robinson à travers le temps, avant de tenter de saisir, trois siècles après la publication du roman de Defoe, ce que Robinson peut encore nous dire de notre monde contemporain.
 
Table ronde accompagnée d’une lecture par Philippe Car (comédien) d’extraits issus de différentes « robinsonnades », notamment choisies parmi les livres présentés dans l’exposition « Le temps de l’île ».

Biographies des intervenants

Guillaume Pigeard de Gurbert est professeur de philosophie en khâgne. Il a récemment rédigé des articles sur Robinson Crusoé dans le Nouveau Magazine littéraire (mars 2019). Son essai Contre la philosophie (Actes Sud, 2010), qui mobilise la figure de Robinson pour redéfinir la philosophie, a été utilisé par Patrick Chamoiseau dans L’Empreinte à Crusoé, dont il a signé la préface dans l’édition de poche (Gallimard, Folio, 2013). Il a vécu en Martinique, dans l’archipel des Antilles. Son dernier livre, intitulé La Morale, est paru en septembre aux éditions Lambert-Lucas.
 
Guillaume Monsaingeon est chercheur et commissaire indépendant. Chercheur correspondant du centre Norbert Elias, il enseigne la philosophie en classes préparatoires à Marseille.
Ses travaux sur Vauban et les plans-reliefs (Les voyages de Vauban, la construction du territoire, 2007 ; Les plans en relief des places fortes du Roy, avec A. de Roux et N. Faucherre, 2007) l’ont conduit à organiser des expositions sur les pratiques artistiques cartographiques contemporaines : « Mappamundi » (Lisbonne 2011 ; Toulon 2013), « Alpha, beta, carta » (Rentilly 2014 ; Marseille 2015), « Villissima ! » (Toulon 2015), « Au milieu de nulle part » (Grenoble 2016), « Atlas des déplacements » (Grenoble 2018).
Auteur de nombreuses contributions sur la cartographie, il anime depuis 2013 l’Ouvroir de cartographie potentielle (Oucarpo). Membre du comité d’acquisition du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, il y prépare une exposition sur la marche pour janvier 2020.

Jean-Marc Besse est directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS. Il s’intéresse à l’histoire de la géographie et de la cartographie modernes, ainsi qu’à l’histoire et à la théorie du paysage. Il est également co-directeur de la revue Les Carnets du paysage. Il a publié plusieurs livres consacrés à l’histoire des représentations géographiques et au paysage, parmi lesquels : Les Grandeurs de la Terre. Aspects du savoir géographique à la Renaissance (2003) ; Le goût du monde. Exercices de paysage (2009) ; Habiter. Un monde à mon image (2013) ; La nécessité du paysage (2018). Il est président de la Commission d’histoire du Comité Français de Cartographie.
 
Catherine Portevin est journaliste, spécialisée dans le domaine des idées. Elle a notamment travaillé à Télérama, Le Monde Idées, et dirige actuellement la rubrique livres de Philosophie Magazine. Elle a publié : Devoirs et délices, une vie de passeur, entretiens avec l’historien des idées Tzvetan Todorov (Le Seuil, 2002), Penser dans l’urgence, parcours d’un humanitaire, entretiens avec Rony Brauman, ex-Président de MSF, et Migrants et réfugiés : réponse aux indécis, aux inquiets et aux réticents, avec Claire Rodier (La Découverte, 2016, rééd. mise à jour 2018).

Cofondateur et metteur en scène de Cartoun Sardines Théâtre pendant près de 30 ans, Philippe Car crée en 2007 l’Agence de Voyages Imaginaires avec Valérie Bournet. Sa devise : l’enthousiasme ! A travers son travail, il explore les époques et les genres en adaptant des textes de romans (Dracula d’après Bram Stoker, Les Mystères de Marseille d’après Emile Zola, L’Histoire de Taor Malek, quatrième Roi Mage d’après Michel Tournier...), des légendes (Tristan et Yseult...) et des textes du répertoire (Le Malade Imaginaire, La Puce à l’Oreille, Roméo et Juliette, Le Conte d’Hiver, Le Bourgeois Gentilhomme, Antigone, Le Cid...). Formé à l’école du geste, le théâtre de Philippe Car est un théâtre très visuel proche de la féerie, où le sens donné par le texte est prolongé par les images et la musique (tous les comédiens sont musiciens). L’écriture scénique tend vers un «art total», proche du cirque. Par ailleurs, Philippe Car anime depuis le début de sa carrière de nombreux stages et ateliers.

 

Tarifs

Entrée libre

Lieu Mucem, J4— Auditorium
Type de public Tout Public
Horaires

Jeudi 3 octobre 2019 à 19h

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