Affiche (contre le fascisme OAS), 1961, papier, mhfa2012.46.13 - Dépôt de Montpellier Méditerranée Métropole au Mucem / © Frédéric Jaulmes

Affiche (contre le fascisme OAS), 1961, papier, mhfa2012.46.13 - Dépôt de Montpellier Méditerranée Métropole au Mucem / © Frédéric Jaulmes

Algérie, marches citoyennes d’aujourd’hui et d’hier. Pour quoi ? L’exigence de démocratie et de pluralisme

4e saison Algérie-France, la voix des objets

Rencontres-débats/Conférences

Table ronde suivie d'un concert d’Amazigh Kateb.

Avec Charlotte Courreye (historienne) et Mohamed Kacimi (romancier et dramaturge)
Modération : Daikha Dridi (journaliste)

Au prix de huit années de guerre, l’indépendance du pays a matérialisé ce droit démocratique d’un peuple à disposer de lui-même déjà revendiqué en 1945, et même à partir de 1936 par l’Étoile nord-africaine-PPA appelant à une « Constituante souveraine »… En parlant d’une « seconde indépendance », d’une « Deuxième République », d’un « État civil et non militaire », les membres du hirak exigent que la population reconquière une souveraineté pluraliste dont elle a été dépossédée dès juillet 1962. Les bases mêmes du « système » en place depuis lors sont ainsi remises en débat. Quel type de vie civique inventer, qui puisse échapper au contrôle par les forces de « l’État profond » ? Comment garantir la sincérité des élections, le caractère civil de l’État et une réelle séparation des pouvoirs ? L’« algérianité » peut-elle se réduire à la référence « arabo-musulmane » ? Qu’attendre à l’avenir des Algériens de France et des binationaux ?

Rendez-vous à 18h30 au forum pour une introduction à la thématique de la soirée, suivie d’une présentation des objets exposés dans la vitrine. La table ronde sera suivie à 20h30 d’un concert d’Amazigh Kateb. Possibilité de se restaurer sur place avec l'association Espoir et Culture. 

Retrouvez, en accès libre, des archives vidéographiques autour du cycle « Algérie-France » en partenariat avec l'Institut national de l'audiovisuel, à la médinathèque du Mucem (J4, niveau1).
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Amazigh Kateb

Fils de l’écrivain et dramaturge Kateb Yacine (1929-1989), Amazigh Kateb est musicien et chanteur, leader du groupe franco-algérien Gnawa Diffusion. Formé à Grenoble en 1992, Gnawa Diffusion fusionne les musiques traditionnelles et actuelles, mêlant allégrement châabi, funk et reggae, guitares électriques, qarqab et guembri. Alors qu’un nouvel album était en préparation, le groupe a mis ses projets en suspens lorsqu’a éclaté le hirak. Amazigh Kateb, qui prépare aussi un nouveau projet en solo, sera accompagné de quatre musiciens pour ce live au Mucem à l’occasion duquel il évoquera son engagement pour une réécriture populaire de la Constitution.

Daikha Dridi

Daikha Dridi est journaliste (Middle East Eye). Elle a animé, à Alger, le Café presse politique, talk-show politique de la web radio algérienne Radio M. Elle a été rédactrice en chef adjointe du HuffPost Algérie. À San Francisco, elle a créé et codirigé le site d’informations alternatif International Boulevard. Elle est l’auteure de Alger, blessée et lumineuse (Autrement, 2006). Elle a été reporter au sein de quotidiens de la presse algérienne tout au long de la période de la guerre civile des années 1990.

Charlotte Courreye

Charlotte Courreye, née à Paris en 1988, est spécialiste de l’Algérie contemporaine. Arabisante et historienne formée à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco, Paris), elle y a ensuite été enseignante d’histoire du monde arabe, d’histoire du Maghreb et d’arabe littéral, de 2013 à 2019. Ses travaux s’intéressent particulièrement à l’islam et à la langue arabe dans le Maghreb contemporain. Son prochain ouvrage, tiré de sa thèse sur l’Association des oulémas musulmans algériens et la construction de l’État algérien indépendant (1931-1991), paraîtra aux Éditions de la Sorbonne au printemps 2020. Charlotte Courreye commence en novembre 2019 un nouveau projet de recherche sur la musique dans l’Algérie coloniale, dans le cadre de l’ERC MUSICOL de Jann Pasler.

Mohamed Kacimi

Né en Algérie en 1955, Mohamed Kacimi est écrivain et dramaturge. Il a notamment publié Arabe, vous avez dit Arabe ? avec Chantal Dagron (Balland, 1990) et Naissance du désert (Balland, 1992) avant de se tourner vers le théâtre avec Le Vin, le Vent, la Vie, qui sera mis en espace par Ariane Mnouchkine au lycée Saint-Joseph dans le cadre du Festival d’Avignon 1995. Il écrit par la suite 1962, une pièce sur l’indépendance de l’Algérie, qui sera mise en scène par Valérie Grail et accueillie au théâtre du Soleil.
Il édite en 2000 La Confession dAbraham, publié chez Gallimard. Le spectacle, interprété par Pierre Forest, obtient un grand succès au festival Off d’Avignon. En 2003, il conçoit pour la Comédie-Française Présences de Kateb Yacine qui sera mis en scène par Marcel Bozonnet. En 2006, il écrit Terre sainte, pièce traduite dans plus de 12 langues et jouée dans le monde entier. Sa pièce À la table de léternité est mise en scène en 2017 par Patrick Sommier au Maly Théâtre de Saint-Pétersbourg.
Mohamed Kacimi anime par ailleurs l’association Écritures du monde qui a pour vocation de faire connaître les dramaturgies étrangères émergentes et qui organise chaque année des chantiers d’écriture à travers le monde.

 


Algérie-France, la voix des objets—4e saison : « Marches citoyennes d’aujourd’hui et d’hier »
Le Mucem interroge les relations qu’entretiennent depuis près de deux siècles la France et l’Algérie, mais aussi leurs échos dans la vie actuelle de chacun des deux pays : à travers une vitrine présentant une sélection d’images et d’objets (visibles dans le forum du J4) et une série de trois tables rondes (les 27 janvier, 3 et 10 février) animées par la journaliste Daikha Dridi, il s’agit pour cette 4e saison de mieux comprendre l’ample mobilisation pacifique que porte la population algérienne depuis février 2019, en évoquant les grandes manifestations démocratiques dont elle fut déjà l’actrice au cours des trois dernières décennies de la période coloniale.
1936-1937, 1945, 1960-1961, en chacune de ces circonstances comme pour le mouvement en cours en Algérie, la mobilisation sera approchée à l’aide des mêmes questions : Où ? La rue comme espace public à conquérir ou reconquérir… Qui ? Un peuple dans la diversité de ses forces vives : jeunes, femmes, syndiqués… Pour quoi ? La démocratie et tous ses droits, jusqu’à l’autodétermination hier, et l’exigence d’une « Deuxième République » aujourd’hui…
Une saison conçue par le Mucem avec Florence Hudowicz, Camille Faucourt (conservatrices) et Christian Phéline (historien).
Tarifs

Entrée libre

Lieu Mucem, J4— Auditorium et forum
Horaires

Lundi 10 février 2020 à 18h30

Voir aussi

  • Les arcades. La rampe Magenta, Alger, Etienne Bouchaud, 1947, huile sur toile, mhfa2009.8.1 / Dépôt de Montpellier Méditerranée Métropole au Mucem /  © Frédéric Jaulmes

    Algérie-France, la voix des objets

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