Trésors du Mucem

Novembre 2017

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Chaque mois, un membre de l’équipe de la conservation du Mucem est désigné pour sélectionner et travailler autour d'objets issus des collections présentés tous les dimanches à nos internautes sur la page Facebook du Mucem.

En novembre, Marie-Charlotte Calafat, adjointe du département des collections et des ressources documentaires nous propose sa sélection.


Dimanche 26 novembre 2017


Pichet fragmentaire, Italie, avant 1516, Mucem
Pichet fragmentaire, Italie, avant 1516, Mucem
Pichet fragmentaire
Italie, avant 1516
Terre cuite émaillé
H : 15,8 cm
2000.1.2
La nouvelle exposition permanente de la Galerie de la Méditerranée « Connectivités », qui ouvre ses portes ce mercredi 29 novembre 2017, présente les cités en Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles afin de comprendre comment certaines villes deviennent de véritables nœuds de pouvoir et d’échanges. Y seront exposées les plus belles pièces de la vaisselle de bord et du matériel militaire de l’épave de la Lomellina, un bateau génois du XVIe siècle retrouvé dans la rade de Villefranche-sur-Mer. La fouille de 10 ans, conduite par Max Guérout et le Groupe de recherches en archéologie navale (GRAN), a été exemplaire. Ce pichet est une majolique décorée sur la panse des armes de la famille Fregoso : le blason de la famille « d’argent au chef enté en onde de sable » est surmonté des armes de la ville de Gênes (croix rouge sur fond blanc). De nombreux membres de cette famille ont exercé la fonction prestigieuse de doges de la ville de Gênes. Ce titre de souverain élu de la République de Gênes est si convoité depuis sa création en 1339 que les doges ne restent pas longtemps en place. Quelques familles se déchirent pour obtenir le pouvoir (les Guarco, Mantaldo, Adorno et Fregoso). Ce pichet sorti des eaux est là plus de 500 ans après sa création pour nous raconter l'histoire de l'apogée économique d'une des plus grandes républiques maritimes italiennes.

Dimanche 19 novembre 2017


Partition petit format, Chanson - les gangsters du château d'if, Mucem
Partition petit format, Chanson - les gangsters du château d'if, Mucem
Partition petit format
Paris, Ile-de-France
H : 27 cm, l : 17,5 cm
Impression noir et blanc sur papier
1966.144.22
Cette partition fait écho à la rencontre « L’île comme métaphore et comme modèle » organisée vendredi 24 novembre 2017. Les légendes et histoires sur l’île sont nombreuses, le séminaire « Le temps de l’île » organisé sur le sujet ne manque pas d’en tracer les craintes et les fantasmes.

L’île d’If, appartenant aux îles du Frioul, est particulièrement connue à travers l’histoire d’Edmond Dantès enfermé dans la prison du château dans le roman « Le Comte de Monte-Cristo » écrit par Alexandre Dumas. Elle l’est moins aujourd’hui par l’ « opérette-galéjade » en 2 actes et 10 tableaux chantée par Alibert dans le rôle de Jean Mariole sur une musique de Vincent Scotto : « Les Gangsters du Château d’If ». Créée en 1936, elle donne lieu à un film de René Pujol trois ans plus tard. Il s’agit d’intrigues amoureuses mêlées de suspens entre un journaliste et une romancière, auteure de « La fille de Monte Cristo », entre le gardien du château et sa femme volage et entre la fille du gardien et le batelier qui conduit la navette entre Marseille et les îles. Sur cette partition appelée communément « petit format », on peut voir le château d’If devant la figuration d’un soleil chaud et souriant et en bas à gauche le portrait d’Henri Alibert (1889-Carpentras/ 1951-Marseille), gendre du compositeur Vincent Scotto (1874-Marseille/1952-Paris).

Dimanche 12 novembre 2017


Stéréoscope en bois de pin, métal, verre, Mucem
Stéréoscope en bois de pin, métal, verre, Mucem
Stéréoscope
France
Bois de pin, métal, verre
H : 6 cm, L : 13,2 cm
2000.16.1746
L'exposition « Document bilingue. Réserves et collections, un autre Mucem » qui se termine au fort Saint-Jean le 13 novembre 2017 est prolongée au Centre de conservation et de ressources jusqu’au 13 avril 2018.
Le stéréoscope visible sur l’affiche de l’exposition et la couverture de son catalogue, est un appareil de lecture de plaques de verre appelées vues stéréoscopiques. Une fois glissée dans une fente sur le côté du stéréoscope, l’image répétée sur la plaque de verre apparaît dans toute sa profondeur à travers les oculaires. L’artiste Uriel Orlow a réalisé une véritable enquête sur cette série de vues stéréoscopiques datant de 1904 à 1939 du fonds Kostioukowsky, du nom du cosaque exilé qui en est l’auteur.  Elle a abouti au « Veilleurs d’images », une vidéo HD à deux canaux de 10 minutes qui met en scène les histoires individuelles et collectives croisées autour de ces objets.

Dimanche 5 novembre 2017


L’enquêtrice Marie-Marguerite Pichonnet-Andral et son matériel d’enregistrement - Photographie réalisée par Pierre Soulier
L’enquêtrice Marie-Marguerite Pichonnet-Andral et son matériel d’enregistrement - Photographie réalisée par Pierre Soulier
L’enquêtrice Marie-Marguerite Pichonnet-Andral et son matériel d’enregistrement
Photographie réalisée par Pierre Soulier lors de l’enquête sur la fête de la Saint-Marcel à Barjols (Var) en 1954
Ph.1954.17.206
Dans le cadre des rencontres sur « La Position du chercheur » (du 8 novembre au 10 novembre 2017) coorganisées par le Mucem, le Centre Norbert Elias et l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée, l’implication de l’enquêteur et la distance qu’il met avec son sujet vont être questionnées. Quelle place accorder sur le terrain à la caméra, au matériel d’enregistrement ou à l’appareil photographique ? Comment observer et capter le réel en même temps ?

Sur cette photographie issue des fonds photographiques du musée, on constate que le matériel d’enregistrement sonore portable de l’époque n’est pas des plus discrets ! Pourtant dans les années 50, le musée des Arts et Traditions populaires est alors bien équipé des modèles les plus modernes de magnétophone : le nagra portable à manivelle qui apparaît en 1951 et qui révolutionne les conditions du reportage radiophonique.
Sur la place de la Rougière à Barjols (Var) en 1954, l’enquêtrice entourée de nombreux spectateurs observe les Barjolais lors de la fameuse « danse des Tripettes » célébrant l’arrivée dans le village des reliques de saint Marcel.