GHR Enquête sur la Sologne, 1937_Ph.1937.154.8-1

Populaire, peuple, public

Autour de l'exposition « Georges Henri Rivière, voir c’est comprendre »

Rencontres-débats/Conférences

1937 : Georges Henri Rivière crée, sous le Front populaire, le musée des Arts et Traditions populaires. Qu’elle soit alléguée ou au contraire contestée en tant que catégorie sociale, artistique ou scientifique, la notion de « populaire » est ambiguë et ambivalente. Elle traverse pourtant, du XIXe siècle à nos jours, l’histoire et le rôle politique, au sens large, de la culture.

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Cette journée de rencontres accompagne les portes ouvertes de l’exposition « Georges Henri Rivière, voir c’est comprendre » au Mucem, en diptyque avec la journée d’étude « L’héritage de Georges Henri Rivière dans les écomusées et les musées de société, entre rupture et continuité », proposée par la Fédération des musées et écomusées de société, le 18 janvier 2019 au Mucem.

Introduction par Pierre Rosanvallon

10h30

Le peuple souverain est une icône abstraite et indifférenciée, face à une réalité complexe qui s’incarne, qui prend corps, dans la diversité insaisissable des individus. C’est dans cet entre-deux que se construit le jeu démocratique, et que se déclinent aussi, au tournant du XXe siècle, des visions concurrentes de la « culture populaire », dont le peuple est à la fois l’objet et le destinataire, entre célébrations de traditions inquiétées par la modernité, projets d’éducation et d’accès à la culture, et représentations des « Vies minuscules », pour reprendre un titre de l’écrivain Pierre Michon.

Pierre Rosanvallon est historien et sociologue, professeur au Collège de France, fondateur de « La République des idées », auteur notamment de Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France (Gallimard, 1998) et Le Parlement des invisibles (Manifeste pour raconter la vie) (Le Seuil, 2014).
 

Figurer le peuple, « raconter la vie »

11h30

Table ronde

Avec Anaïs Albert (historienne), Judith Lyon Caen (historienne), Martine Segalen (ethnologue), Ségolène Le Men (historienne de l’art), Christian Bromberger (ethnologue)
Modération : Jean François Chougnet (président du Mucem)
 
Georges Henri Rivière cherche  à « étudier sur le vif », selon une expression empruntée à l’art autant qu’à l’ethnologie, des usages, des pratiques, des techniques, des cultures qui sont hors du champ académique ou institutionnalisé.  Représenter le peuple, le rendre présent : comment la littérature, les sciences humaines et les arts ont-ils cherché à rendre sensibles et visibles les catégories dites « populaires » ? Comment cette ambition les a-t-elle influencés ? Qu’en est-il aujourd’hui ?

Judith Lyon Caen est historienne à l’EHESS, spécialiste des usages sociaux et politiques de la littérature au XIXe siècle, auteur notamment de La lecture et la vie, les usages du roman au temps de Balzac (Tallandier 2006).

 Anaïs Albert est historienne au laboratoire Identités, Cultures et Territoires (Université Paris 7- Diderot) dans les domaines de l’histoire urbaine et de l’histoire des classes populaires. Sa thèse s’intitulait Consommation de masse et consommation de classe. Une histoire sociale et culturelle du cycle de vie des objets dans les classes populaires parisiennes (des années 1880 aux années 1920).

 Martine Segalen, ethnologue, professeur émérite à l’université de Pairs X Nanterre, a accompagné la trajectoire du musée des Arts et traditions populaires. Elle est notamment l’auteur de Vie d’un musée (Stock, 2005).

 Ségolène Le Men est historienne de l'art, professeur émérite à l'Université Paris Nanterre. Depuis l'exposition « Les Français peints par eux-mêmes » (musée d'Orsay, 1992), elle a abordé dans ses livres la construction des types politiques et sociaux au XIXe siècle par la caricature, l'illustration ou l'affiche, mais aussi par la peinture, chez Delacroix, Courbet et Seurat.

 Christian Bromberger est professeur émérite d’ethnologie à Aix-Marseille Université. Ses enquêtes, menées en France, en Méditerranée et en Iran, portent notamment sur les passions ordinaires.

L’exposition « Georges Henri Rivière, voir c’est comprendre » 

14h

Présentation de l'exposition par ses commissaires, Germain Viatte et Marie-Charlotte Calafat.

 

Réinventions contemporaines de la muséologie sociale

14h30

Conférence

Par Bruno Brulon-Soares (maître de conférence à l’Unirio - Universidade Fededral do Estado do Rio de Janeiro, vice-président de l’ICOFOM
 
Si le projet social et politique des musées s’est déplacé de la notion de « populaire » à celle de « public » - dans une logique de politique culturelle - et à celle de « populations »  - dans une logique de construction collective -, l’ambition initiale de George Henri Rivière, « donner la parole à ceux qui ne l’ont pas », est au cœur du renouvellement muséal. Bruno Brulon-Soares propose un tour d’horizon des expérimentations actuelles, au Brésil et dans le monde.

 

« Populaire » : gros mot ou étendard ?

15h30

Table ronde

Avec Hughes Kieffer (directeur du Festival Marseille Jazz des 5 continents), Annabelle Ténèze (directrice du musée des Abattoirs de Toulouse), Paul Rondin (directeur délégué du Festival d’Avignon), Hervé di Rosa (fondateur du musée international des arts modestes à Sète - MIAM), Jan Goossens (directeur du Festival de Marseille)
Modération : Olga Bibiloni (chef du service culture au quotidien La Provence)
 
Culture spontanée contre culture officielle ou savante, culture des marges ou au contraire mainstream, la notion de « populaire », tantôt revendiquée, tantôt dévalorisée, embarrasse par son flou et sa réversibilité. Nombre d’institutions culturelles, par leur histoire et par leur objet même, conservent pourtant à cette notion une valeur définitoire : comment cela se traduit-il dans le projet qu’elles portent, dans leur programmation, dans les rapports qu’elles créent avec leurs publics ?
 
Précédé d’une introduction par Emmanuel Pedler (sociologue de la culture, directeur d’études à l’EHESS).

 

Tarif

Entrée libre

Lieu Auditorium
Horaires

Mardi 13 novembre 2018 de 10h30 à 17h

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  • Georges Henri Rivière 1975 © Mucem, J. Guillot

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