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L'indifférence : impuissance à différencier ou puissance d'indifférenciation ?

Semaine de la Pop Philosophie

Rencontres-débats/Conférences

Avec le Collège international de philosophie (CIPh) : Nathalie Périn (enseignante de philosophie et directrice de programme au CIPh), Jérôme Rosanvallon (directeur de programme au CIPh et professeur de philosophie à l’académie Aix-Marseille), Isabelle Alfandary (philosophe et directrice de programme au CIPh)

L’indifférence semble à première vue caractérisable comme une « absence de relation » aux choses, aux autres, voire à soi-même. Mais cette absence serait-elle constitutive, donnée à titre de condition initiale, ou au contraire toujours construite, résultat d’un processus de déliaison active ? Autour de cette question, on peut ainsi bâtir deux scénarios philosophiques très différents – sinon inverses.

Le premier scénario envisage fondamentalement l’indifférence comme un point de départ – une absence à remplir, un défaut à corriger. Être indifférent signifie évidemment en ce sens manquer d’empathie, ne pas ressentir ce que ressent l’autre, s’enfermer dans une forme d’égoïsme principiel. Mais l’indifférence marque plus généralement dans ce cas une incapacité initiale à « différencier », à faire la moindre différence entre plusieurs choses ou plusieurs options, mais aussi et surtout entre des personnes quelconques et des choses. L’enjeu fondamental serait alors de « surmonter » cette indifférence, d’instaurer les bonnes différences (ne pas marquer de frontières entre les êtres sensibles par exemple, mais seulement entre eux tous et les choses – enjeu fondamental de l’éthique animale) et finalement de se déterminer en fonction de cette différenciation pour éviter à la fois l’égoïsme, l’apathie et l’indécision.

Mais un second scénario tend à faire au contraire de l’indifférence un point d’aboutissement – la construction d’une relation aux choses et aux autres plus riche que toute relation (ou absence de relation) particulière donnée. Au lieu de ne plus être indifférent à ce qui nous entoure, il s’agirait d’y parvenir, de rendre les choses indifférentes, de gommer leurs particularités qui résultent seulement de notre rapport à elles. Au lieu de sortir le sujet de son indifférence, il s’agirait d’atteindre ce point d’indifférence en sortant du sujet et des différences induites par notre position subjective. Ce processus d’« indifférenciation », au cœur de la démarche scientifique, mais aussi à l’œuvre dans d’autres domaines (de la psychanalyse au droit), ne constitue-t-il pas ainsi une voie de sortie plus radicale de tout solipsisme affectif ?

Le Collège international de philosophie (CIPh)

Fondé en 1983 par François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-Pierre Faye et Dominique Lecourt, le Collège international de philosophie (CIPh) est un lieu où s'engagent des pratiques philosophiques nouvelles : les croisements qui s'opèrent avec les sciences, la littérature, les arts ou encore l'éducation, visent à situer la philosophie aux intersections des disciplines qui dessinent l'horizon contemporain, et à renouveler son intelligence du réel par sa confrontation avec les autres domaines où se déploie l'exercice de la pensée.

 

Tarif

Entrée libre

Lieu Auditorium
Horaires

Dimanche 14 octobre à 14h30

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