Merlini 2007 @ Frédéric Joulian

Gestes, paroles et dessins – 2

La geste technique : parler objets… par les milieux

Colloques/Journées d'études/Formations

Avec Caroline Darroux (Université de Dijon), Juliette Nier (graphiste), Elisabetta Spaggiari (comédienne et marionnettiste), Luca Merlini (architecte), Jules Stromboni (dessinateur)

Cette dernière journée du séminaire sera la plus exploratoire de l’année, proposant un mélange original d’écritures à la fois participatives, dessinées, situées ou vivables, toutes à la recherche de nouvelles médiations par l’entremise de dispositifs low-tech et multimodaux. Une façon d’essayer de recomposer, ensemble, de nouveaux instruments utiles à la recherche comme à l’action politique.

Programme

10h30 - 10h40 - Introduction par Frédéric Joulian (EHESS)    

10h40 - 11h30 « À propos de ce qui se passe » : retour sur une performance « multimédiatique », par Juliette Nier (graphiste) et Elisabetta Spaggiari (comédienne et marionnettiste)

Juliette Nier et Elisabetta Spaggiari ont travaillé en 2018 sur un projet de performance à la croisée de la didactique visuelle et du théâtre d’objets. « À propos de ce qui se passe » se veut une tentative d’écriture multimédia. Le premier épisode de ce média fictif et spéculatif se divisait en 3 actes  mettant  en  parallèle  des  questions  d’écriture  et  de  langage  appliquées  à  des  situations  de géopolitique contemporaines. Elles reviendront sur ce premier épisode et nous découvrirons la suite du projet.
 

11h30 - 12h30 « Fabrique de rêves : donner parole - tenir parole - prendre parole », par Caroline Darroux (Université de Dijon)

Caroline Darroux (ethnologue, directrice scientifique de la Maison du patrimoine oral de Bourgogne et chercheure associée au Centre Georges Chevrier, Université Bourgogne) co-construit en 2017-2018, avec le service technique du centre intercommunal d’action sociale de l'Autunois et dix jeunes adultes vivant dans un quartier populaire, un dispositif scientifique et culturel visant à rééquilibrer localement « ce que parler veut dire » : une fabrique de rêves. L'artiste Benjamin Burtin, slameur et réalisateur, lui apporte ses solutions techniques et son regard radical. Retour sur cette chaîne opératoire qui s'appuie sur le cheminement politique des militants pour les cultures populaires des années 1970 dans le Morvan et qui le continue, le régénère et le remet en politique dans un contexte où le local et le global se transcendent l'un l'autre. Cette expérimentation cherche à co-créer la matière de nos rêves, et trouver une concrétude commune à ceux qui sont en colère.

12h30 - 13h Discussion animée par Stéphanie Fontvieille (AMU-Centre Norbert Elias)

Pause repas

14h - 15h  « Regarder, écouter, faire, exprimer, transmettre », par Yoann Moreau (anthropologue, Ecole des Mines)

Yoann Moreau, anthropologue, maitre-assistant au Centre de Recherches sur les Risques et les Crises (Mines ParisTech), est également dramaturge pour la compagnie Jours tranquilles (Lausanne). Ses recherches portent sur les catastrophes, sur les modes d’existence en situations extrêmes et sur les façons de déployer des connaissances et des savoir-faire de la déprise. Pour ce faire, ses travaux l’ont conduit à revisiter les cadres dramaturgiques (c'est-à-dire les manières d’agencer la variété des relations de causes à effets) en immersion avec le monde du théâtre, à explorer des formes de transmission et d’intelligences passant par la pratique du trait et de l’image, ou encore à déplacer le contexte de la narration ethnographique vers des formes plus spéculatives et fictionnelles. Au long de tous ces écarts, il cherche un accord avec l'expérience de terrain, une résonance qui ne se réduit pas à l'information (de prétendus « faits ») et encore moins à l'affirmation péremptoire qui se souhaite indiscutable (du type 2+2 = 4).

15h - 16h  « Dits et dessins d’architecture », par Luca Merlini (architecte)

Il existe le dessin sport de glisse : trait coulé et fluide. Il existe aussi le dessin jeu d’échecs : stratégie de conquête de la feuille de papier. Ainsi que le dessin judo dans lequel chaque ligne en fait naître une autre pour ensuite mieux l’esquiver. Mais aussi, plus populaire, le dessin pétanque : boum, boum, ricochets et grains de sable. Si pour le sport, chacun choisit celui qu’il veut pratiquer, en ce qui concerne le  dessin, il n’est pas certain que chacun choisisse son modus operandi. Quoi qu'il en soit, l’emprisonnement semble être le dénominateur commun entre sport et dessin ainsi que son possible aboutissement : il  n’est pas inhabituel que traits ou geste en mouvement échappent à son propre auteur.

16 - 17h - Discussion animée par Aude Fanlo (responsable du département recherche et enseignement, Mucem)

 

Lieu Cinéma Le Miroir—Centre de la Vieille Charité
Renseignements / Réservation

Hors les murs

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