• Jerome Bel Shirtologie©R B Jerome_Bel
    Jerome Bel Shirtologie©R B Jerome_Bel
  • Ghetto blaster 1987 © Mucem Yves Inchierman
    Ghetto blaster 1987 © Mucem Yves Inchierman
  • Eventail et chaussures de Mistinguett © Mucem Yves Inchierman
    Eventail et chaussures de Mistinguett © Mucem Yves Inchierman

On danse ?


J4 niveau 2 (800 m²) | Du mercredi 23 janvier 2019 au lundi 20 mai 2019

On danse ?
Oui, on danse. Tous. On n’est pas forcément Nijinski, Beyoncé, ni Fred Astaire, mais peu importe, à un moment ou à un autre, on danse : dans une fête, en club, dans un concert, ou seul dans son salon. La danse n’est pas qu’une affaire de virtuoses, nous la connaissons et la fabriquons tous. C’est bien de cela que traite l’exposition « On danse ? », présentée au Mucem : un fait social partagé, créateur de liens, qui traverse nos vies et nos sociétés de part en part.

Du corps, premier territoire de la danse, à la transe qui nous le fait oublier, l’exposition invite à découvrir la danse là où on n’a pas l’habitude de la voir et à réaliser à quel point elle modifie le rapport à soi et aux autres.

Dans une scénographie qui invite au mouvement, le visiteur est libre d’aller et venir, s’asseoir, s’étirer, s’allonger, s’adosser, pour découvrir films, pièces sonores et extraits de textes. Ces œuvres sont agencées en un flux audiovisuel de six heures qu’il s’agit de prendre au vol pour quelques minutes ou quelques heures.

Libre à vous de passer d’un écran à un autre, d’éprouver et choisir la façon dont vous regardez, écoutez, au gré des volumes, des courbes et des matières de l’espace d’exposition… On danse ?

 

Entretien avec Émilie Girard et Amélie Couillaud, commissaires de l’exposition

 
 

Mucem (M.)

« On danse ? » Le titre de l’exposition sonne comme une invitation…

 

Émilie Girard (E.G.) et  Amélie Couillaud (A.C.)

C’est en effet le premier sens de ce titre. L’idée de cette exposition n’est pas de proposer une vision historique ou encyclopédique du sujet « danse » mais, en s’inspirant de l’enseignement des chorégraphes modernes et postmodernes, de partir du postulat selon lequel la danse n’est pas que l’affaire de virtuoses. Le « on » du titre n’est pas anodin : il traduit ce souci d’inclure largement, il met en avant le fait que l’acte de danser est créateur de liens.
Si la formule sonne comme une invitation, le point d’interrogation qui la conclut renvoie aussi à la question qui a initié notre réflexion : « Où commence la danse ? » Est-ce que la marche n’en est pas le premier pas ? Ne peut-on voir de la danse dans un mouvement de foule ? C’est la question du regard qui « fait » danse. De fil en aiguille, cette première question nous a conduites à une autre : « Vers qui danse-t on ? »

M.

Vous avez souhaité proposer un dispositif singulier conçu à partir des trois éléments constitutifs de la danse : le corps, l’espace, le temps.

E.G.et A.C.

Oui, on entre dans l’exposition et on découvre un espace où des écrans de différentes tailles, de la tablette à l’écran de cinéma, diffusent tous la même œuvre en même temps, et à l’intérieur duquel on est complétement libre d’aller et venir. Ce peut être d’abord un peu désarçonnant !
En réalité, nous avons souhaité que l’espace d’exposition soit le plus confortable possible pour laisser au visiteur la possibilité de prendre du temps, de s’installer et de tester différentes manières de regarder. On peut s’asseoir ou s’allonger sur la moquette, s’adosser à un volume, s’arrêter sur une balançoire : l’idée est d’éprouver de différentes manières son rapport à l’espace environnant. Cécile Degos, la scénographe, a particulièrement bien compris notre envie et a su la traduire.
Le programme est un flux audiovisuel de six heures, composé d’œuvres qui mettent en lumière le corps, sa mécanique interne, son étrangeté parfois, et ce que produit la danse dans des contextes géographiques, politiques, sociaux très variés. On passe ainsi subrepticement d’un état à un autre, à la fois physiquement et mentalement.

M.

La vidéo occupe la part principale de la muséographie. Quels types de films sont diffusés au sein de ce long flux audiovisuel projeté dans l’espace d’exposition ?

E.G.et A.C.

En effet, le média vidéo s’est très vite imposé à nous. Il a cette capacité à révéler le corps en mouvement qui pourtant n’est pas là, il en est la trace. Nous avons sélectionné environ soixante films ou extraits de films : films d’artistes, films de cinéma, documentaires, films ethnographiques… Autant de regards différents sur l’acte de danser, le corps, le mouvement, le rapport au temps et à l‘espace, qui répondent, parfois avec beaucoup d’humour, à la multiplicité des points de vue que nous cherchons à mettre en valeur.
D’autres médias comme les pièces sonores de Dominique Petitgand, ou encore la littérature, sous forme d’extraits de textes, font partie intégrante du flux : ces deux éléments apportent eux aussi une forme de physicalité très forte alors qu’aucun corps n’est « visible ».

M.

Des objets, peu nombreux, sont aussi présentés. Parmi eux, certains sont issus des collections du Mucem…

E.G.et A.C.

Nous avons choisi de montrer un petit nombre d’objets physiques, témoins matériels de la danse. Ces objets sont, dans des registres très différents, des accessoires du danseur, des prolongements de leur corps : un tambour de chamane lapon utilisé pour conduire à la transe et entrer en contact avec le monde des esprits, une paire de chaussures et un grand éventail en plumes d’autruche ayant appartenu à la meneuse de revue Mistinguett, et un ghetto-blaster collecté l’année dernière auprès du graffeur Hondo, également danseur de hip-hop. Cet échantillon permet d’évoquer des types de danses très différents qui sont représentés dans les collections du Mucem. Le visiteur les découvrira au détour de son cheminement dans l’exposition. Sont aussi à découvrir deux œuvres contemporaines qui incitent au mouvement : une sculpture hyperréaliste de Tomoaki Suzuki au tiers de la taille réelle du modèle, qui accueille les visiteurs et les incite à se mettre à sa hauteur, et un « objet chorégraphique » de William Forsythe qui invite à tester sa capacité à l’immobilité… plus difficile et troublant qu’on ne l’imagine !

M.

La danse est un champ de recherches exploré depuis la fin des années 1930 par les équipes du musée national des Arts et Traditions populaires (MnATP) et, plus proche de nous, par le Mucem…

E.G.et A.C.

Et même avant cela par le musée d’Ethnographie du Trocadéro ! Le tambour de chamane dont on vient de parler entre dans les collections dès la fin du XIXe siècle. La danse a par la suite, c’est vrai, été un terrain de recherche dès les toutes premières campagnes menées par le MnATP, où elle a été considérée comme un fait social. En 1939, deux ans seulement après la création du musée, la campagne consacrée à la Basse-Bretagne va permettre de réunir notes, entretiens, ou films qui montrent la danse. Dans les années 1960, un « département danse », placé sous la houlette de Jean-Michel Guilcher, va être mis en place, à la demande de Georges Henri Rivière. Les fonds audiovisuels que conserve aujourd’hui le Mucem vont ainsi notamment s’enrichir de films qui témoignent des pratiques dansées dans les différentes régions de France, souvent en contexte festif (mariages, fêtes de village…). Deux d’entre eux sont d’ailleurs présentés dans le flux de l’exposition. Plus récemment, cet intérêt pour la danse s’est poursuivi à travers la campagne dédiée au graff et au hip-hop, qui a permis une fois encore d’élargir la collection sur ce sujet, avec des tenues de danseurs contextualisées par des entretiens menés avec les protagonistes, des affiches de compétition (notamment les fameuses battles de hip-hop), des ghetto-blasters comme celui présenté dans l’exposition.

M.

Cette exposition s’inscrit enfin dans le cadre d’une saison particulière pour le Mucem, accompagnée par le chorégraphe Boris Charmatz en qualité d’artiste invité. Que va-t-il proposer, en lien avec cette exposition ?

E.G.et A.C.

Au sein d’une proposition très riche qui dépasse le seul cadre de l’exposition (interventions dansées dans tout le musée, conférences, spectacles, etc.), Boris Charmatz invite les visiteurs de « On danse ? », chaque week-end, à passer par un « studio de chauffe ». Cet échauffement est conduit par un danseur professionnel et pensé comme une introduction ou un prolongement de la visite. Ces ateliers d’environ une demi-heure s’adressent à tous, danseurs ou non-danseurs, très souples ou très raides, expansifs ou timides ! Il nous paraissait important que cette possibilité de « pratique » soit offerte à chacun, simplement, sans prérequis. Ainsi mis en condition, on peut rêver que certains visiteurs n’hésitent pas à rester sur place durant les six heures du programme d’exposition !

                                                             
   

 


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Partenaires et mécènes

Avec le soutien de Aix Marseille French Tech

Le Mucem remercie les acteurs AMFT qui ont participé à cette exposition :
Ioda Consulting | Black Euphoria | Oxatis

Gojob | Patrick Siri | Olivier Mathiot

 

Avec le soutien des Terrasses du Port