• Repas dans la cuisine années 1970 © Roger Viollet
    Repas dans la cuisine années 1970 © Roger Viollet
  • Massimo Vitali pic nique allée 2000 © Massimo Vitali
    Massimo Vitali pic nique allée 2000 © Massimo Vitali
  • Frantisek Pekar, Deux enfants léchant leur assiette, vers 1930-1940. Musée Nicéphore Niépce, Chalon sur Saône © Frantisek Pekar (D.R.) © Ville de Chalon-sur-Saône, France. Musée Nicéphore Niépce
    Frantisek Pekar, Deux enfants léchant leur assiette, vers 1930-1940. Musée Nicéphore Niépce, Chalon sur Saône © Frantisek Pekar (D.R.) © Ville de Chalon-sur-Saône, France. Musée Nicéphore Niépce

Manger à l’œil

Les Français à table en deux siècles de photos
Bâtiment Georges Henri Rivière (GHR)—Fort Saint-Jean (320 m²) | Du vendredi 20 juillet 2018 au dimanche 30 septembre 2018

  • Derniers jours — L’histoire singulière du rapport des Français avec leur repas


Le 15 novembre 2010, l’Unesco classait le repas gastronomique des Français au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Par gastronomique, l’Unesco ne signifiait pas bonne ou haute cuisine mais la mise en discours de règles du manger et du boire qui structurent encore aujourd’hui le repas des Français.

Le propos de cette exposition est de montrer comment la photo peut rendre compte de l’évolution de ce patrimoine.
Des autochromes de la Première Guerre mondiale aux dizaines de millions d’images de #pornfood ; de la collection d’albums d’une seule et même famille sur plus de 40 ans à l’épopée des fiches cuisines du magazine Elle, « Manger à l’œil » retrace l’histoire singulière du rapport des Français avec leur repas.

Ce siècle de représentation de nos repas est parcouru par le regard de grands noms de la photographie dont les images deviennent avec le temps des documents iconiques. Ces images sont confrontées à celles d’une collecte de photos d’amateurs, à des images publicitaires, de presse et à des extraits d’émissions télévisées devenues cultes.

A cette archéologie de nos modes de consommation, de nos résistances, de nos engagements, tant vis à vis de l’image que de notre nourriture, correspond la chronologie de l’évolution des modes de diffusion et de partage de la photographie.

Entretien avec Pierre Hivernat et Floriane Doury, commissaires de l’exposition

 
Mucem

« Manger à l’œil » raconte l’histoire des habitudes alimentaires des Français de 1900 à nos jours, à travers un siècle de photographies : l’exposition présente donc un double propos, mêlant sujet de société et histoire de l’art ?

 

Pierre Hivernat

Toute l’histoire a commencé avec le classement en 2010 au patrimoine immatériel de l’Unesco du « repas gastronomique des français ». Les habitudes alimentaires des Français devenaient donc un « patrimoine ». Ça interroge, non ? Mais pour rendre compte d’un patrimoine immatériel certains préfèrent le terme « intangible », il faut un medium. Et c’est là que la photographie, plus que l’écrit, nous permet de rendre compte des constantes et des ruptures de cet héritage en évolution.

Floriane Doury

L’exposition « Manger à l’œil » présente l’évolution des usages du repas des Français et de leur représentation depuis la création de la photographie. Le patrimoine photographique et le patrimoine gastronomique sont liés à travers deux siècles d’histoire. Nous débutons ainsi l’exposition par la première photographie de repas réalisée par Nicéphore Niépce en 1823, et la clôturons par deux vidéos : celle d’une performance de Thomas Mailaender qui mange une photographie (2013), et celle de Robin Lopvet, qui présente un montage d’images de #foodporn recueillies sur Instagram (2018).

Mucem

En quoi le repas des Français est-il un témoin pertinent pour évoquer l’évolution de nos sociétés ?

Pierre Hivernat

Le repas ou, plus largement, ce que l’homme ingère pour se nourrir est un fait culturel. Les touristes que nous sommes parfois ne s’y trompent d’ailleurs pas. Dès l’arrivée dans un pays étranger, il est fréquent de goûter la nourriture locale afin d’appréhender au mieux la culture de nos hôtes. Le repas des Français a notamment une forte caractéristique temporelle. Nous passons en effet de nombreuses heures à table contrairement par exemple à un Nord-Américain. Certains considèrent d’ailleurs cela comme démesuré. Observer l’évolution de ce repas est donc très révélateur de notre société.

Mucem

Il en va de même pour la photographie : de l’autochrome au smartphone, l’évolution de ce médium en dit long sur celle de nos habitudes culturelles…

Floriane Doury

L’alimentation et la photographie possèdent un vocabulaire commun, des matières premières communes : nous sommes, pour ces deux domaines, dans une chimie qui évolue avec la technologie. Les notions de temporalité, de multiplicités, de qualités, peuvent définir le repas et la photographie. La recherche, l’innovation, la technique les accompagnent, les font se rencontrer et évoluer avec la société depuis deux siècles. L’usage de la photographie est aujourd’hui bien différent de ses usages antérieurs, et le smartphone est, entre autres, l’un des grands responsables de cette évolution. L’image est devenue une communication instantanée. Même la notion d’instantanéité est différente aujourd’hui : du Polaroïd à Snapchat, il y a un vrai fossé.

Mucem

Qu’avez-vous appris de plus étonnant en préparant cette exposition ?

Floriane Doury

L’évolution de la place de l’homme autour de la table et dans l’image est intéressante. Le « patriarche », présent au centre des photographies au début du XXe siècle, – ces dernières étaient réalisées par des photographes professionnels –, tend à disparaître lorsque la photographie se démocratise : Monsieur passe derrière l’objectif. La technologie et la société, qui ont libéré la « femme » de la cuisine, lui permettent, dans les années 1970, de prendre des photographies, et Monsieur retrouve une place centrale dans l’image. Depuis deux siècles et en fonction de sa classe sociale, la femme voyage entre la cuisine et l’objectif. Aujourd’hui, le selfie génère de nouveaux comportements. « Manger à l’œil » est une exposition qui aurait pu se développer sur des milliers de mètres carrés tant, du repas et de la photographie, émanent des thématiques importantes.

Pierre Hivernat

À l’origine de cette exposition, il y avait l’idée d’observer empiriquement le rapport des Français avec l’alimentation à travers une collecte de photographies d’amateurs, et non à travers l’œil des sociologues, historiens, artistes ou institutions muséales. Pour préparer l’exposition, nous sommes finalement allés, sans objectif précis, aux Archives nationales, à la médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, au musée de la Photographie, au Mucem… Et notre surprise a été d’y trouver un corpus d’images dont l’incroyable qualité, tant artistique que documentaire, nous a donné envie de renforcer la dimension « photographique » de l’exposition !


Commissariat : Floriane Doury (chargée d’événementiel au Mucem et commissaire d’exposition), Nicolas Havette (commissaire d’exposition et artiste), Pierre Hivernat (co-fondateur et directeur de Alimentation Générale,  la plateforme des cultures du goût), Elisabeth Martin, (co-fondatrice et directrice de Alimentation Générale, la plateforme des cultures du goût).
Scénographie : Sylvain Massot, Dodeskaden.
36 photographes et artistes sélectionnés : Nicéphore Niépce, les frères Lumière, Henri Cartier-Bresson, Brassai, Ronis Willy, François Kollar, René Jacques, Marcel Bovis, Robert Doisneau, Denise Colomb (dite) Denise Loeb, Jacques-Henri Lartigue, Marc Riboud, Edouard Boubat, Claude Sougez, Bernard Fauçon, Yves Klein, Marie-Paule Nègre, André Lejarre, André Steiner, Georges Picard, Jacques Boyer, Maurice-Louis Branger, Denis Darzacq, Patrick Willock, Stéphanie Lacombe, Agne, Lola Reboud, Alexa Brunet, Pascale Peyret, Aurore Valade, Robin Lopvet, Thomas Mailaender, Massimo Vitali, Alain Laboile, Martin Parr, Alain Leloup.

Alimentation Générale : plateforme des goûts et des cultures
Magazine en ligne et agence culturelle de conseil et de production d’objets éditoriaux et d’événements.
L'exposition fait partie du Grand Arles Express dans le cadre des Rencontres internationales de la photographie Arles 2018.

La presse en parle

« Cette exposition passionnante, dont nous sommes les héros, enregistre le glissement vers de nouvelles formes de représentation. La photo du collectif disparaît au profit de l’individu-roi qui inonde les réseaux sociaux des plats qu’il va manger. »

La Croix

« Qu'importe les conditions, les Français aiment faire de leur piquenique un moment convivial. Le Mucem retrace deux siècles de partage à travers des clichés qui racontent l'évolution de ce rite immémorial. »

L'Obs

« L'exposition "Manger à l’œil" revisite deux siècles d'habitudes alimentaires. De la cantine de l'usine au goûter d'anniversaire, du banquet au pique-nique, avec une spécificité bien française : prendre son temps ! »

Arte

Éditions

Catalogue Manger à l'oeil

Manger à l'oeil

Catalogue d'exposition, coédition Mucem / éditions de l’Épure
Sous la direction de Pierre Hivernat, Elisabeth Martin, Nicolas Havette, Floriane Doury

Avec des textes de Bénédict Beaugé, Gilles Fumey, Pierre Hivernat, Luce Lebart, Denis Saillard

Découvrir

 


Collecte de photographies

Appel à participation ouvert jusqu’au 1er juin 2018


Photos de familles à table d'amateurs

Le Mucem, le magazine en ligne Alimentation Générale, avec le concours de la Conserverie à Metz vous proposent de contribuer à l'exposition « Manger à l’oeil » en soumettant vos photos d'amateurs.
—Retrouvez dans vos cartons, albums, ordinateur, smartphone, vos meilleures photographies de repas (anniversaires, fêtes religieuses, entre amis, entre collègues de travail, en famille, en couple, en pique-nique…etc.). Bref, toutes les scènes photographiées où l’on puisse reconnaître quelque chose d’un repas et/ou de la cuisine, en termes de vaisselles, d’ustensiles, d’attitudes, de plats…etc. ;
—Légendez la photographie en précisant l’objet de la scène, une date et un auteur (si possible) ;
—Envoyez la photographie en version numérique (Haute Définition – 300 DPI minimum, 600 DPI pour des petites photographies) ainsi que l’autorisation d’utilisation remplie par mail à : cetaitoucetaitquand[at]free.fr
Si vous ne pouvez pas scanner votre photographie, vous pouvez l’envoyer à La Conserverie pour ce faire sur contact préalable à cetaitoucetaitquand[at]free.fr ou 09.51.63.66.07

La Conserverie


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