• Bras-reliquaire, région alpine, 1650-1700 Bois sculpté, peint et doré, métal 71 × 37 × 19 cm - Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman
    Bras-reliquaire, région alpine, 1650-1700 Bois sculpté, peint et doré, métal 71 × 37 × 19 cm - Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman
  • Vitrine-reliquaire, Allemagne, Eichstätt, vers 1800, bois, soie, verre, tissu, velours, fil de métal 21cm x 15,4cm - Mucem, Marseille © Mucem
    Vitrine-reliquaire, Allemagne, Eichstätt, vers 1800, bois, soie, verre, tissu, velours, fil de métal 21cm x 15,4cm - Mucem, Marseille © Mucem
  • Autel-reliquaire, France, laiton, verre, 27,7cm x 12,3cm - Mucem, Marseille © Mucem
    Autel-reliquaire, France, laiton, verre, 27,7cm x 12,3cm - Mucem, Marseille © Mucem
  • Flacon-reliquaire, République tchèque, Prague, cristal, fil d'or, laiton, soie 10,1 cm x 4,4cm - Mucem, Marseille © Mucem
    Flacon-reliquaire, République tchèque, Prague, cristal, fil d'or, laiton, soie 10,1 cm x 4,4cm - Mucem, Marseille © Mucem

Les Reliquaires de A à Z

Petit abécédaire des collections
Mucem, fort Saint-Jean Salle des collections
| Du mercredi 10 avril 2019 au lundi 2 septembre 2019

  • Les grands thèmes relatifs aux pratiques et à la croyance chrétienne : un abécédaire mystique composé à partir des collections du Mucem !

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A comme « Agnus Dei », B comme « Bras », C comme « Custode », D comme « Dent », E comme « Épine »… Les grands thèmes relatifs aux pratiques et à la croyance chrétienne se déclinent en 26 lettres à travers l’exposition « Les Reliquaires de A à Z » : un abécédaire mystique composé à partir des collections du Mucem !

En 2002, le Mucem a fait l’acquisition auprès d’un particulier d’une collection unique de près de 500 reliquaires. Ce très riche ensemble témoigne avec brio de la variété des formes, des techniques et des usages du reliquaire dans le monde chrétien européen sur une période allant essentiellement du XVIIe siècle au premier tiers du XXe siècle.

Le terme « relique », issu du latin reliquiae (littéralement « restes »), désigne les restes humains de saints personnages (souvent des fragments osseux) ou bien des objets leur ayant appartenu ou ayant été en contact avec leur corps. Dans la religion chrétienne, si les reliques furent d’abord placées dans l’autel des églises, le développement de leur culte s’accompagne de la production d’une grande variété de contenants utilisés pour les conserver et les magnifier : châsses, ostensoirs, tableaux, coffres, statues, custodes, chapelets, médaillons… Au XVIIe siècle, les reliquaires entrent également dans les espaces domestiques pour protéger le foyer. On les retrouve alors au seuil des maisons, sur les cheminées ou même suspendus au-dessus des lits. Leur commerce s’intensifie, et avec lui, la volonté de l’Église d’encadrer la pratique et de garantir l’origine des reliques.

Attestation d’authenticité, inventaire méticuleux, mise en vitrine, volonté de présenter le « reste » sous son meilleur jour… Les pratiques de la relique ne sont pas sans faire écho au travail de conservation et d’exposition mis en place dans les musées ! 


—Commissariat : Emilie Girard, conservatrice en chef du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires au Mucem

Entretien avec Emilie Girard, commissaire de l’exposition

 
Mucem (M.)

Pourquoi avez-vous choisi de vous intéresser au thème du reliquaire, pour cette nouvelle exposition sous forme d’abécédaire ?
 

 

Emilie Girard (E.G.)

Les abécédaires réalisés autour des collections du Mucem ont vocation à mettre en avant des ensembles d’objets ou de documents surprenants, extraordinaires ou rares, sous une forme simple. En 2002, le Mucem naissant a acquis auprès d’un collectionneur un ensemble justement assez extraordinaire, près de 500 reliquaires représentatifs d’une variété formelle très vaste, et provenant de toute l’Europe. Cette collection unique n’avait jusqu’à présent que peu été montrée, si ce n’est occasionnellement, dans les expositions du Mucem (récemment « Connectivités », « Or » ou « Ai Weiwei, Fan-Tan ») ou à l’occasion de prêts. Proposer un abécédaire des reliquaires était l’occasion de donner un coup de projecteur sur cet ensemble, en le présentant de manière plus massive puisque ce sont 70 pièces qui sont ici présentées.
Sur le fond, exposer des reliquaires, c’est présenter une pratique dévotionnelle au croisement du dogme et du populaire, car les reliquaires de ce fonds sont essentiellement des reliquaires à usage domestique et non des pièces destinées à des églises ou des chapelles. Et cette pratique privée de la relique est sans doute moins connue que la monstration des restes de saints au sein de la communauté ecclésiale.
 

 

(M.)

Y-a-t-il encore des reliques dans ces reliquaires ? Quels sont les plus « sacrés » ?
 

(E.G.)

La plupart des reliquaires de la collection contiennent en effet encore leur relique. Fragments osseux, souvenirs de lieux saints, reliques de contact (c’est-à-dire des objets qui ont été en contact avec le corps du Christ ou d’un saint, comme un fragment de tissu par exemple…) : c’est ce reste saint qui justifie la fabrication des écrins que sont les reliquaires, écrins sensés sublimer la relique.
Il est difficile de dire qu’une relique est plus « sacrée » qu’une autre. Tous les restes vénérés par les fidèles et conservés dans la collection présentée ont la même valeur, le même « prix » aux yeux des croyants qui font de la relique un support à leur prière en donnant au saint dont elle est issue un rôle d’intercesseur. Mais les reliques du Christ occupent une place particulière dans la hiérarchie de la relique, puisque l’on considère qu’elles émanent du fils de Dieu lui-même. Ces reliques sont parfois tellement vénérées qu’on les reproduit pour les diffuser largement. C’est ainsi que la collection que le Mucem conserve aujourd’hui compte plusieurs clous de la Passion ou des couronnes d’épines du Christ.
 

(M.)

Quels sont les plus étonnants ? Les plus étranges ?
 

(E.G.)

Quand on pense « relique » on pense souvent en premier lieu à des fragments osseux de saints, peut-être moins à ce qu’on appelle les « parties molles » du corps qui peuvent également être conservées et vénérées. La collection compte ainsi des reliquaires de langue ! Sont par exemple montrés dans l’exposition deux reliquaires de Saint Jean Népocumène qui conservent une reproduction en cire de la langue du saint, réputée imputrescible.
Par ailleurs, on s’attend à tort à ne voir dans les reliquaires que des objets de prix, réalisés en or et ornés de pierres précieuses. La pratique domestique induit cependant la production de contenant beaucoup plus modestes, parfois naïfs, faits à partir de matériaux pauvres, comme le papier mâché, le carton, ou les papiers découpés, mais qui jouent exactement le même rôle que celui endossé par les grands reliquaires d’églises. L’exposition est aussi l’occasion de mettre l’accent sur ce versant moins connu de la pratique du reliquaire.
 

(M.) Peut-on dire que le musée serait, quelque part, une sorte de grand reliquaire ?
 
(E.G.)

La conservation et l’exposition, la « mise sous vitrine » de « restes » des siècles passés ou des témoins matériels des sociétés a en effet quelque chose de commun avec la pratique du reliquaire, une volonté de garder, de transmettre et de mettre en valeur. Et au musée comme pour les reliques, il existe un souci d’authenticité : l’église délivre avec ce qu’on appelle les « authentiques » (dont des exemples sont montrés dans l’exposition) de véritables certificats qui garantissent la véracité de la relique. On peut donc s’amuser à dresser des parallèles ! 

 

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Si les selfies permettent aujourd’hui d’immortaliser la beauté de notre vivant, qu’en est-il après la mort ? Accédez à la beauté éternelle grâce à la collection de reliquaires du Mucem, objets dont la préciosité défie le temps.

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À vous de jouer ! #Beautééternelle

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