• Q-Pichet en forme de singe habille en ermite, Vaudancourt, Oise, 1840 © Mucem
    Q-Pichet en forme de singe habille en ermite, Vaudancourt, Oise, 1840 © Mucem
  • Z-Grue couronnée, carte postale, France, 1954 © Mucem
    Z-Grue couronnée, carte postale, France, 1954 © Mucem
  • J-appelant en forme de judelle 1943 © Mucem
    J-appelant en forme de judelle 1943 © Mucem
  • W-Gustave Soury, croquis de watusi male, Paris, 1954 © Mucem
    W-Gustave Soury, croquis de watusi male, Paris, 1954 © Mucem
  • G-Girafe femelle agee de 2 ans et demi,-Paris,1827 © Mucem
    G-Girafe femelle agee de 2 ans et demi,-Paris,1827 © Mucem

Les Animaux de A à Z

Petit abécédaire des collections
Fort Saint-Jean—Salle des collections | Du mercredi 3 octobre 2018 au lundi 4 mars 2019

  • De « A » comme « arche de Noé » à « Z » comme « zoo », un abécédaire animalier composé à partir des collections du Mucem.

De « A » comme « arche de Noé » à « Z » comme « zoo », un abécédaire animalier composé à partir des collections du Mucem.

Depuis la préhistoire et le temps du mythe, l’homme pense et classe les animaux sauvages ou domestiques selon ses intérêts et ses envies : utiles ou nuisibles, inquiétants ou fascinants, bêtes de somme ou de spectacle, ils peuplent notre quotidien, notre imaginaire et nos croyances.

Cette exposition explore le rapport homme/animal dans les sociétés d’Europe et de Méditerranée. À travers une sélection d’objets utilisés pour exploiter, piéger ou protéger les animaux, elle nous invite, entre représentations réalistes et fantasmées, à renouveler notre regard sur ce que nous faisons faire ou dire à nos congénères à poils, à plumes et à écailles.

Entretien avec Frédéric Mougenot, commissaire de l’exposition

 

Mucem (M.)

Après « L’amour de A à Z », la salle des collections du fort Saint-Jean accueille une nouvelle exposition thématique présentée sous forme d’abécédaire : « Les animaux de A à Z ». Vous nous rappelez le principe ?

 

Frédéric Mougenot (F. M.)

À partir d’un thème choisi, nous illustrons chaque lettre de l’alphabet avec un ou plusieurs objets issus des collections et des fonds d’archives du Mucem. Il s’agit donc de décliner un même thème en 26 sections, de A à Z. Nous avons fait le choix de retenir des objets révélateurs, qui nous disent quelque chose du thème choisi, mais aussi des objets insolites ou amusants, que l’on voit rarement. Pour le Mucem, ces expositions sous forme d’abécédaires sont une façon de montrer la richesse et la diversité des collections du musée à travers des présentations lisibles et ludiques.

 

M.

Quel est le propos de cette exposition ? Qu’est-ce que les animaux qui peuplent les collections du Mucem ont à nous raconter ?

F. M.

L’exposition montre des objets témoignant des rapports que l’homme entretient avec les animaux. Il y a les animaux dits « nuisibles » (car l’homme les a décrété comme tel), les animaux que l’homme exploite (pour leur force, leur peau, leur viande), mais aussi les animaux que nous apprécions (les animaux de compagnie), voire qui nous fascinent (comme l’éléphant ou la girafe). Nous explorons aussi l’animal « symbolique », comme le bouc (notre animal de la lettre « B ») traditionnellement associé au démon ou au diable. On verra dans l’exposition une sorte d’amulette qui prend la forme d’une paire de cornes de bouc posées sur un piédestal. Elle servait à repousser le mauvais œil en Italie : il s’agit donc d’un objet fabriqué à partir de l’animal – les cornes –, mais qui évoque une autre créature, le diable, lui aussi cornu.

À travers les animaux, il s’agit aussi d’évoquer les grands traits de nos sociétés contemporaines. On le voit bien, par exemple, avec l’histoire de la girafe Zarafa !

Pour la lettre G comme « girafe », nous montrons un plat à barbe : il s’agit d’une cuvette que l’on place sous le cou pour se raser, au fond de laquelle on peut voir une girafe tenue par une silhouette noire. Cette image, que l’on retrouve au XIXe siècle sur de nombreux supports, fait référence à Zarafa, la première girafe entrée sur le sol français. Elle avait été offerte en 1827 par le sultan d’Égypte Méhémet Ali au roi de France Charles X. Partie d’Alexandrie, elle est arrivée à Marseille où elle a passé l’hiver, pour reprendre la route pour Paris afin d’intégrer la ménagerie du Jardin des plantes. Durant tout son périple, elle a déplacé les foules, ce fut un vrai phénomène. Au point que l’on peut parler d’une mode « à la girafe » qui a duré quelques années, avec l’arrivée des premiers produits dérivés. Ils furent très nombreux. On verra aussi dans l’exposition un chauffoir à lit où est représentée la même image. L’animal curieux qu’est la girafe nous permet ainsi d’évoquer la naissance des modes et des produits dérivés. La preuve qu’on n’a pas attendu le XXe siècle !

 

Frédéric Mougenot

Frédéric Mougenot est conservateur du patrimoine au Mucem. Spécialiste de l’Égypte pharaonique, il a élargi son horizon à la Méditerranée et à l’Europe en gérant le pôle de collection Vie domestique du musée. Il a contribué à plusieurs expositions au Mucem (« Le Monde à l’Envers » en 2014, « Migrations divines » en 2015) et à l’extérieur (« Bonne Fortune & Mauvais Sort » à l’abbaye de Daoulas en 2016).