• Pedro Cabrita Reis, La Forêt (Marseille), 2018, Acrylique sur béton, acier, bois, Dimensions variables (selon le lieu, 253 éléments), Photo ©  PCR Studio
    Pedro Cabrita Reis, La Forêt (Marseille), 2018, Acrylique sur béton, acier, bois, Dimensions variables (selon le lieu, 253 éléments), Photo © PCR Studio
  • La forêt (Marseille), Pedro Cabrita Reis © Mucem
    La forêt (Marseille), Pedro Cabrita Reis © Mucem

La Forêt (Marseille)

Pedro Cabrita Reis
Place d'Armes du fort Saint-Jean | Du mercredi 31 octobre 2018 au mardi 30 avril 2019

  • Une œuvre inédite, spécialement imaginée pour le Mucem sur la place d'Armes du fort Saint-Jean

Sur la place d’Armes du fort Saint-Jean se dressent 253 structures de béton, fer et bois, recouvertes de peinture blanche : La Forêt (Marseille) est une sculpture de l’artiste portugais Pedro Cabrita Reis. Une œuvre inédite, spécialement imaginée pour le Mucem.

Réalisée à partir de matériaux industriels, cette Forêt de béton s’inscrit dans le paysage du Mucem entre architectures et jardin, mer et collines, nouant un dialogue intime avec l’espace et l’horizon.

De hauteur variables (entre 1m40 et 1m90) les 253 structures composant La Forêt (Marseille) évoquent des résonances anthropomorphiques, perceptibles derrière une possible (et nécessairement ambiguë) référence à la silhouette de troncs d’arbres. Est-ce un groupe d’arbres morts ? incendiés ? pétrifiés ? À moins que cela ne soit un groupe d’hommes ? Les forêts ont toujours inspiré une forme de crainte… Comme les rassemblements de personnes, d’ailleurs.

Entretien avec l’artiste Pedro Cabrita Reis

 
 

Mucem (M.)

Pourquoi, dans l’espace minéral de la place d’Armes du fort Saint-Jean, avez-vous souhaité installer une forêt ?

 

Pedro Cabrita Reis  (P. C. R.)

Traverser, « se perdre » dans une forêt, ça nous mène toujours vers une forme d’introspection, un processus de redécouverte de soi-même. Un peu comme ce que peut produire notre rapport à une œuvre d’art.

 

M.

Béton, fer, peinture… Cette forêt bâtie à l’aide de matériaux industriels rappelle aussi, quelque part, la ville… 

P. C. R.

Constructions humaines par excellence, les villes sont – comme les forêts – des structures « organiques », qui connaissent plusieurs cycles de vie. Il y a des villes et des forêts qui ont disparu, et qui ont été remplacées ailleurs par d’autres villes et d’autres forêts, à la fois semblables et différentes. Au-delà de tout cela, mais aussi comme un symptôme de ces permanentes transformations, il y a l’art, le lieu où une forêt peut être construite en fer et rappeler une ville…

M. Les 253 structures de cette forêt peuvent enfin aussi être assimilées à un groupe d’hommes, à une foule… Qu’est-ce qui vous a inspiré cette analogie ?
P. C. R. Les analogies ne se trouvent pas dans l’œuvre d’art elle-même, elles sont créées par le regard du spectateur. L’art sert à augmenter l’intelligence, et les nuances de nos réseaux émotionnels et rationnels sont pratiquement infinies, si bien qu’elles peuvent nous permettre d’arriver à la conclusion que 253 objets de béton, fer et bois peints en blancs, peuvent être assimilés à une forêt, aussi bien qu’à une foule…