En mal d'archives © Sabrina Dubbeld

En mal d’archives

Colloques/Journées d'études/Formations

Colloque et ateliers expographiques

Ce colloque propose d’interroger les pratiques d’archivage non institutionnelles et les formes concrètes que prend la « fièvre d’archives » lorsque des individus s’emparent d’un rôle d’archiviste face à certains événements (crises, guerres, révolutions) ou bien en réponse à une défaillance des pouvoirs publics (manque d’intérêt pour un sujet, voire usage controversé d’un fonds). La pulsion d’archives, « mouvement irrésistible pour non seulement garder les traces mais pour maîtriser les traces, pour les interpréter » (Derrida), a ainsi ses petits mains, inquiètes de l’urgence du témoignage, en lutte contre l’oubli ou l’effacement, et animées par l’idée de réparer un manque.

Cette journée d’étude sera prolongée le lendemain par une journée d’ateliers « expographiques » qui permettront d’envisager les problèmes pratiques, juridiques et éthiques posés par ces archives ou collections privées, lorsqu’il est question de les montrer au sein d’un musée de société.

Organisateurs : Zoé Carle (postdoctorante LabexMed-Mucem), Sabrina Dubbeld (chargée de recherche postdoctorale au Mucem), Pierre France (doctorant).
Partenaires : Fondation A*MIDEX ; LabexMedCentre Norbert Elias – Fabrique des écritures innovantes en sciences sociales ; Laboratoire LESA – Aix-Marseille Université ; IREMAM – Aix-Marseille Université et CNRS ; Mucem.

De l’archivage amateur à l’archivage citoyen et militant

Jeudi 6 juin 2019 de 9h à 19h - Colloque

Lors de cette première journée du colloque « En mal d’archives », il s’agira d’abord d’interroger les figures d’archivistes amateurs dans les champs culturels et artistiques à partir de deux cas spécifiques : celui de la patrimonialisation des musiques arabes, bouleversée par Internet depuis les années 2000, et celui des écritures urbaines, alors que le mouvement graffiti s’est imposé dans les paysages urbains depuis une soixantaine d’années.

L’après-midi sera consacré à deux nouveaux cas de figure posant plus directement la question d’une politique des archives. Tout d’abord en interrogeant les pratiques d’archivages communautaires militants au sein de la communauté LGBTQI+ : à un moment de recaptation et de patrimonialisation des luttes contre le sida, d’autres mémoires et archives militantes des communautés se constituent en réaction. Ensuite, avec la question de l’archivage et de la patrimonialisation des mouvements sociaux, en abordant le cas des révolutions arabes : en Tunisie, des collectifs se sont constitués pour conserver et archiver les documents produits par les acteurs de la révolution.

De la rue à la cimaise : quand l’objet sort du cadre

Vendredi 7 juin 2019 de 9h à 19h - Ateliers expographiques

Avec : Alain Colombini (chimiste, spécialiste de la bombe aérosol), Émilie Faust (restauratrice), Joëlle Zask (philosophe, spécialiste des relations art-politique), Jean-Roch Bouiller (conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée des Beaux-arts de Rennes), « Conserver l'inconcevable / Classer l'inclassable »), Laurence Le Bras (archiviste, responsable du fonds Debord à la BnF), Kinda Chaïb (chercheuse, spécialiste du Hezbollah), les collectifs Mémoire des sexualités et Archives LGBTQI+ Paris, Sabrina Dubbeld (chargée de recherche postdoctorale au Mucem)

Après une première journée destinée à poser et interroger les contours d’un phénomène social, le lendemain sera consacré à une série d’ateliers invitant à se placer au niveau même des objets, des documents et des éléments qui font ces archives, et plus encore, des personnes qui les manient et les font parler (archivistes, conservateurs, chercheurs, militants…). L’occasion d’interroger les multiples objets qui sortent du cadre et d’arpenter ces limites.
Ces ateliers « expographiques » visent à rendre compte des rencontres qui ont eu lieu entre ces archivistes amateurs et les institutions, les objets et le musée, mais aussi à en provoquer de nouvelles et s’interroger sur celles à venir.

Programme détaillé

Lieu Mucem, fort Saint-Jean I2MP