PARCOURS DE L’EXPOSITION - INTRODUCTION

Picasso et la vie quotidienne : racines

« Un génie sans piédestal » : Michel Leiris emploie cette expression en 1988 dans l’avant-dernier des nombreux textes qu’il a écrit sur Picasso.

 

Quatre sections rythment la visite de cette exposition :

- Racines sacralisées

- Des objets et des thèmes fétiches

- Les techniques et leurs détournements

- L’objet matériau

 


 

Dans l’œuvre de Picasso, notamment dans les compositions de jeunesse, le quotidien s’impose comme un thème et un environnement essentiels. Mais, lorsque plus tardivement, l’artiste revient sur ses souvenirs et les intègre à son vocabulaire avec le recul du temps écoulé, il sacralise ces marques d’un passé qu’il sait révolu mais auquel il attribue une part essentielle de sa propre construction. Ainsi revendiqués comme des racines, au même titre que les apprentissages et les connaissances académiques, ces sujets et techniques prennent évidemment une toute autre dimension que le seul témoignage d’une nostalgie réparatrice. Pour exemple, dans le monde même de la peinture, la connaissance des ex-votos populaires s’imprime très tôt, comme dans le petit ex-voto du Musée Picasso de Barcelone (exceptionnellement prêté à l’occasion de l’exposition).

 

Ces manifestes de référence aux arts et traditions populaires encore très vivaces à l’aube du XXe siècle imposent la force de leur ambition pour ouvrir le parcours d’une exposition qui tour à tour dessine les champs thématiques et les applications techniques de cette inspiration.